NOUS N’AVONS PLUS LE DROIT DE REGARDER L’AVENIR PASSER

Je voudrais ouvrir une nouvelle réflexion.
Le temps est venu pour nous de nous poser une question simple, mais fondamentale : sommes-nous encore capables de penser l’Afrique autrement ?
Nos partis politiques ont joué leur rôle dans l’histoire. Mais force est de constater qu’ils n’ont pas permis à nos pays de rattraper les retards accumulés. Et aujourd’hui, le danger serait de continuer à reproduire les mêmes schémas, avec les mêmes méthodes, dans un monde qui, lui, change à une vitesse jamais connue.
Nous devons évaluer. Corriger. Faire d’autres choix. Et surtout anticiper.
Car le monde n’est déjà plus celui dans lequel nous avons appris à gouverner.
Les grandes puissances ne se contentent plus de gérer le présent. Elles préparent le futur : intelligence artificielle, numérique, robotisation, biotechnologies, nouvelles industries, nouvelles formes d’énergie, transformation des métiers, économie de la connaissance et même nouvelle géopolitique de la puissance.
Ce qui existe aujourd’hui ne sera bientôt plus.
Et pendant ce temps, nous continuons trop souvent à nous battre pour des positions, des postes, des élections et des querelles partisanes, alors que l’essentiel est ailleurs : comment préparer nos peuples et particulièrement notre jeunesse à ce nouveau monde ?
Nous devons changer de logiciel.
Notre priorité doit être de former, éduquer et armer intellectuellement notre jeunesse.
Pas seulement pour chercher un emploi, mais pour créer les emplois de demain.
Pas seulement pour utiliser les technologies, mais pour les maîtriser.
Pas seulement pour consommer le numérique, mais pour produire de la valeur grâce au numérique.
Nous ne pouvons pas accepter qu’une génération entière soit enfermée dans la consommation permanente des réseaux sociaux, dans l’injure, la manipulation et les combats virtuels, pendant que d’autres construisent les technologies qui détermineront notre avenir.
Notre jeunesse mérite mieux. L’Afrique mérite mieux.
Il nous faut donc imaginer quelque chose de nouveau : une grande Convention citoyenne pour l’anticipation et la transformation de nos pays.
Une force qui ne serait pas un parti politique.
Une force qui rassemblerait les compétences plutôt que les chapelles, les bâtisseurs plutôt que les polémistes, les créateurs plutôt que les commentateurs.
Une plateforme où pourraient se retrouver ingénieurs, scientifiques, entrepreneurs, agriculteurs, enseignants, chercheurs, économistes, artistes, professionnels du numérique, femmes, jeunes, diaspora et citoyens engagés.
Notre objectif serait clair : identifier nos retards, anticiper les mutations du monde, définir les compétences dont nous aurons besoin et proposer les transformations nécessaires pour que l’Afrique cesse de subir l’avenir et commence à le construire.
Nous ne devons plus être seulement des consommateurs de solutions conçues ailleurs.
Nous devons redevenir des producteurs d’idées, de technologies, de richesses et de solutions.
Le rendez-vous qui vient n’est pas seulement électoral.
Il est civilisationnel.
Et cette fois, nous n’avons pas le droit de le manquer.
Le monde de demain se prépare aujourd’hui.
À nous de décider si nous voulons le subir ou en être des acteurs.
Thierno Lo
Un Républicain Libre


