Dette, FMI : la transparence doit précéder le débat, dixit Thierno LO

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thierno lo

J’ai suivi avec beaucoup d’attention les annonces du FMI et du Gouvernement du Sénégal relatives à cet accord technique, qui ne deviendra définitif qu’après son approbation par le Conseil d’administration du Fonds.

La demande de transparence formulée est donc parfaitement légitime.

Pour ma part, mon expérience de plusieurs années dans le secteur privé, complétée par mes années de service public, m’autorise à contribuer modestement à ce débat, tout en me soumettant naturellement à l’analyse des véritables économistes et financiers.

Le sujet dépasse largement les clivages politiques.

Lorsqu’un État engage durablement les générations présentes et futures à travers un programme avec le FMI, les citoyens ont le droit de connaître précisément les contreparties et les engagements qui ont été négociés en leur nom.

Il ne suffit donc pas de connaître le montant d’un éventuel financement. Il faut regarder le contenu du contrat économique qui l’accompagne.

Que signifie concrètement le « traitement de la dette » ?
Quelles mesures seront prises sur les finances publiques, les dépenses de l’État, la mobilisation des recettes intérieures, les entreprises publiques et la protection des ménages vulnérables ?
Quel sera le calendrier des réformes ?
Quels seront leurs coûts sociaux et économiques ?
Et surtout, quelle place a été accordée aux audits et à la clarification de la dette publique ?

C’est là que se trouve le véritable débat.

Je partage donc pleinement l’exigence que le mémorandum de politiques économiques et financières, s’il est finalisé et validé par les deux parties, puisse être porté à la connaissance des Sénégalais ou, à tout le moins, transmis à leur représentation nationale.

La transparence ne fragilise pas un accord. Elle le légitime.

Le Sénégal ne doit plus seulement rechercher des financements pour résoudre ses urgences. Il doit profiter de cette étape pour corriger durablement les mécanismes qui ont conduit à l’accumulation de la dette et reconstruire une économie capable de produire davantage de recettes, d’investir et de créer de la valeur.

C’est pourquoi le débat qui s’ouvrira autour de la prochaine loi de finances rectificative ou du projet de loi de finances 2027 devra dépasser les chiffres et les slogans.

Il devra porter sur le modèle économique du Sénégal, sa trajectoire budgétaire, sa capacité de remboursement et les conditions de son retour à une croissance réellement soutenable.

Le débat aura lieu.
Et il doit être un débat de vérité, de responsabilité et de compétence.

Thierno LO
Un Républicain Libre

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