LE FMI PEUT-IL SAUVER LE CITOYEN COLLECTIF SÉNÉGALAIS ? (PAR BOUBACAR TALL)

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Thomas Jefferson écrivait en 1820 que le pouvoir appartient au peuple. Si le peuple ne dispose pas des connaissances nécessaires pour l’exercer, la solution ne consiste pas à lui retirer ce pouvoir, mais à l’instruire.

C’est exactement notre problème face à la dette.

Les milliards s’accumulent. Les experts parlent de déficit, de DTS, de restructuration, de viabilité et d’assainissement budgétaire. Pendant ce temps, le citoyen collectif ne sait plus qui croire.

Commençons par le commencement.

QU’EST-CE QUE LA DETTE PUBLIQUE ?

Chaque année, l’État encaisse des impôts, des taxes et diverses recettes.

Lorsque ces ressources ne couvrent pas ses dépenses, il emprunte.

La dette publique représente l’ensemble des emprunts restant à rembourser. Elle comprend le capital emprunté et produit des intérêts.

Un nouvel emprunt sert parfois à construire une route, une école ou une centrale électrique. Il sert aussi à rembourser d’anciens emprunts ou à financer les dépenses courantes.

Le danger apparaît lorsque l’État doit emprunter pour payer ses anciennes dettes, pendant que ses recettes ne progressent pas assez.

DE SENGHOR À DIOMAYE

Parler de « dette de Senghor », de « dette de Diouf » ou de « dette de Sall » reste une simplification.

Chaque président hérite des emprunts antérieurs. Il rembourse une partie, contracte de nouveaux prêts et transmet le solde à son successeur.

Pour comparer les périodes, la Banque mondiale fournit une série sur la dette extérieure publique et garantie par l’État.

À la fin de la présidence de Senghor, en 1980, cette dette atteignait environ 1,1 milliard de dollars.

À la fin de la présidence d’Abdou Diouf, en 2000, elle atteignait environ 3,2 milliards de dollars.

À la fin de la présidence d’Abdoulaye Wade, en 2012, elle atteignait environ 4,2 milliards de dollars.

À la fin de 2023, dernière année entièrement placée sous Macky Sall, elle dépassait 22,4 milliards de dollars.

À la fin de 2024, sous Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, elle atteignait environ 25,1 milliards de dollars selon la même série internationale.

Ces chiffres montrent une progression. Ils ne disent pas encore comment chaque dette fut utilisée, déclarée ou remboursée.

SENGHOR, LA CONSTRUCTION DE L’ÉTAT ET LES PREMIÈRES CRISES

Senghor devait financer un État nouvellement indépendant, ses infrastructures et ses services publics.

Les sécheresses, les chocs pétroliers et la faiblesse des recettes d’exportation ont ensuite fragilisé le pays.

Le Sénégal est entré dans les années 1980 avec une dette extérieure devenue difficile à supporter.

ABDOU DIOUF, L’AJUSTEMENT STRUCTUREL

Abdou Diouf a hérité de cette crise.

Son gouvernement a appliqué plusieurs programmes soutenus par le FMI et la Banque mondiale. Ils reposaient sur la réduction des déficits, la libéralisation économique, les privatisations et la maîtrise des dépenses publiques.

La dette a pourtant continué à peser sur les finances nationales.

Le Sénégal a fini par intégrer l’initiative internationale en faveur des pays pauvres très endettés.

WADE, L’ALLÈGEMENT PUIS LA RECONSTITUTION DE LA DETTE

En 2004, sous Abdoulaye Wade, le Sénégal a obtenu un allègement de dette évalué à 850 millions de dollars en valeur nominale.

Cet allègement a réduit la charge immédiate.

Wade a ensuite engagé de grands travaux et relancé l’endettement. Il a toutefois transmis en 2012 une dette dont le poids relatif restait très inférieur au niveau actuel.

MACKY SALL, L’ACCÉLÉRATION

Sous Macky Sall, les emprunts ont fortement augmenté pour financer le Plan Sénégal émergent, les infrastructures, les entreprises publiques et les déficits budgétaires.

Le Sénégal a aussi accru son recours aux euro-obligations et aux prêts commerciaux. Ces financements coûtent plus cher que les prêts concessionnels accordés par les institutions de développement.

Après réconciliation des comptes, la dette publique totale du secteur public atteignait 22 450 milliards de FCFA à la fin de 2023.

Le problème ne résidait donc pas uniquement dans le volume de la dette. Il concernait aussi sa déclaration.

Une partie importante des engagements n’avait pas été correctement communiquée au FMI, au Parlement et au public.

Cette situation a provoqué la suspension du programme conclu en 2023.

DIOMAYE ET SONKO, L’HÉRITAGE ET LES NOUVEAUX EMPRUNTS

À la fin de 2024, la dette publique consolidée atteignait 25 583 milliards de FCFA.

Elle comprenait :

  1. 23 667 milliards dus par l’administration centrale.

  2. 1 917 milliards dus par les entreprises et organismes publics.

  3. 18 008 milliards de dette extérieure.

  4. 7 576 milliards de dette intérieure.

Il serait faux d’attribuer toute l’augmentation de 2024 à Diomaye ou à Sonko.

Une partie provient des emprunts contractés durant l’année. Une autre résulte de la prise en compte de dettes anciennes, d’arriérés, d’entreprises publiques et d’engagements auparavant mal enregistrés.

Sonko n’était pas président de la République. L’expression « dette de Sonko » désigne donc une orientation gouvernementale prise lorsqu’il dirigeait le gouvernement. Elle ne désigne pas une dette juridiquement présidentielle.

QUE S’EST-IL PASSÉ AVEC LE FMI ?

Une correction de date s’impose.

L’accord technique fut annoncé le 1er septembre 2026, et non le 6 septembre.

Le programme envisagé porte sur environ 2,2 milliards de dollars, soit près de 1 240 milliards de FCFA, répartis sur 36 mois.

Cette somme n’a pas encore été décaissée.

Avant le premier versement, plusieurs étapes restent nécessaires :

  1. Le Sénégal doit appliquer des mesures correctrices liées aux fausses déclarations antérieures.

  2. Les partenaires financiers doivent fournir des assurances sur leurs propres financements.

  3. Le gouvernement doit préciser le traitement prévu pour la dette devenue insoutenable.

  4. La direction du FMI doit valider le dossier.

  5. Le Conseil d’administration du FMI doit l’approuver.

  6. L’argent sera ensuite versé par tranches.

  7. Chaque tranche dépendra du respect des engagements et des évaluations périodiques.

LE FMI VA-T-IL PAYER LA DETTE DU SÉNÉGAL ?

Non.

Les 1 240 milliards de FCFA prévus représentent moins de 5 % des 25 583 milliards de dette publique recensés à la fin de 2024.

Le service annuel de la dette de l’administration centrale atteignait déjà 2 751 milliards de FCFA en 2024, sans inclure toute la dette bancaire locale.

Le financement du FMI n’effacera donc pas la dette.

Il apportera du temps, des ressources moins coûteuses et un signal de crédibilité envers les autres partenaires.

Le programme devrait faciliter de nouveaux financements de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement et d’autres institutions.

C’est l’effet catalyseur du FMI.

COMMENT LE FMI INTERVIENT-IL ?

Le FMI apporte des ressources pour éviter une rupture de paiement.

En contrepartie, le pays s’engage à réduire ses déficits et à rendre sa dette remboursable.

Pour le Sénégal, les orientations déjà annoncées comprennent :

  1. L’augmentation des recettes intérieures.

  2. La rationalisation des dépenses publiques.

  3. Une meilleure gestion de la dette.

  4. Le contrôle des arriérés.

  5. Une surveillance renforcée des entreprises publiques.

  6. Des transferts monétaires ciblés vers les ménages vulnérables.

  7. Un traitement de la dette avec certains créanciers.

  8. Un rôle accru du secteur privé.

Les mots restent généraux. Leur traduction concrète déterminera qui supportera l’effort.

« Augmenter les recettes » signifie-t-il créer de nouvelles taxes ?

« Rationaliser les dépenses » signifie-t-il réduire les subventions sur l’électricité, le carburant ou les produits essentiels ?

Quelles dépenses publiques seront protégées ?

Quels créanciers accepteront de reporter les échéances, de réduire les intérêts ou d’abandonner une partie de leurs créances ?

Le communiqué du FMI ne répond pas encore à ces questions.

ET LE PÉTROLE DANS TOUT CELA ?

Un silence mérite notre attention.

Le pétrole et le gaz ne figurent pas parmi les leviers précis présentés dans l’accord technique avec le FMI.

Le communiqué ne parle ni de renégociation des contrats pétroliers, ni de Yakaar-Teranga, ni d’un remboursement de la dette grâce aux hydrocarbures.

Le dispositif annoncé repose d’abord sur les recettes fiscales, la réduction des dépenses, la surveillance des entreprises publiques et le traitement de la dette.

Pourtant, le citoyen avait cru qu’une manne pétrolière se trouvait à portée de main.

Le pétrole de Sangomar est produit. Le gaz de GTA est entré en exploitation. Mais la valeur des cargaisons ne revient pas intégralement à l’État.

Il faut financer les coûts d’exploitation, rembourser les investissements, rémunérer les partenaires privés et couvrir les engagements de PETROSEN.

Pour 2026, l’État attendait environ 205 milliards de FCFA de recettes pétrolières et gazières.

Cette somme représente moins de 1 % du stock de dette et environ 7,5 % du service annuel constaté en 2024.

PETROSEN portait elle-même une dette de 660 milliards de FCFA à la fin de 2024, dont environ 642 milliards de dette extérieure.

Yakaar-Teranga représente un potentiel gazier important. PETROSEN en a récupéré le contrôle en 2026. Mais son développement nécessiterait environ 7,5 milliards de dollars.

Avant toute recette, il faut trouver les financements, choisir les partenaires, construire les installations et décider définitivement du lancement du projet.

Le pétrole et le gaz constituent donc une possibilité de transformation à long terme. Ils ne constituent pas la réponse immédiate présentée au FMI pour sortir de la crise.

Cette absence soulève une question politique majeure.

Pourquoi le plan négocié avec le FMI met-il l’accent sur les impôts et les dépenses, sans présenter clairement la contribution attendue des ressources naturelles ?

VICTOIRE DE MACKY SALL OU DÉFAITE DE SONKO ?

Présenter cet accord comme une victoire du camp de Macky Sall ne résiste pas aux faits.

Le recours actuel au FMI découle en grande partie du niveau d’endettement atteint et des informations erronées transmises sous l’ancienne administration.

L’accord ne blanchit donc pas cette gestion. Il organise le traitement de ses conséquences.

Présenter l’accord comme une défaite totale de Sonko serait aussi excessif.

Une politique souverainiste n’interdit pas tout financement extérieur. La souveraineté consiste à choisir ses objectifs, négocier les conditions et protéger les intérêts nationaux.

Mais une contradiction politique existe.

Sonko défendait une stratégie endogène, rejetait la restructuration de la dette et voulait réduire la dépendance envers le FMI.

Le gouvernement accepte désormais un programme financier accompagné d’un traitement de la dette. Dans le même temps, les hydrocarbures, les contrats stratégiques et la transformation locale ne figurent pas clairement dans la solution annoncée.

Ce changement exige une explication publique.

La question ne doit plus être : « FMI ou pas FMI ? »

La vraie question devient : « Quel accord, au bénéfice de qui et payé par qui ? »

LE FMI NE DOIT PAS REFERMER LE DÉBAT SUR LA SOUVERAINETÉ

L’intervention du FMI répond à une urgence financière. Elle ne doit pas mettre fin à la lutte pour une souveraineté économique engagée durant la primature de Sonko.

Le FMI propose un programme de stabilisation. Il ne propose pas un projet national de transformation.

Il ne décide pas de l’avenir de PETROSEN, de la SAR, des ICS, de l’agriculture, de l’industrie, de la transformation locale ou du contenu local.

Ces choix appartiennent au Sénégal.

Le programme du FMI doit donc rester un dispositif temporaire destiné à traiter une crise. Il ne doit pas devenir la politique économique permanente du pays.

La souveraineté économique ne signifie pas vivre sans partenaires et sans financement extérieur.

Elle signifie conserver le pouvoir :

  1. De déterminer les priorités nationales.

  2. De négocier les conditions des financements.

  3. De protéger les secteurs stratégiques.

  4. De contrôler les contrats et les coûts.

  5. De transformer les ressources au Sénégal.

  6. De refuser la vente précipitée des entreprises publiques.

  7. De protéger les ménages contre un ajustement socialement injuste.

LE RÔLE DE LA MAJORITÉ DE PASTEF À L’ASSEMBLÉE

L’accord avec le FMI ne passe pas nécessairement par une ratification parlementaire comparable à celle d’un traité.

Mais ses conséquences passeront par le budget, la fiscalité, les subventions, les dépenses publiques et la dette.

L’Assemblée nationale possède donc des moyens d’action.

La majorité de Pastef doit utiliser son pouvoir pour :

  1. Exiger la publication des engagements pris avec le FMI.

  2. Auditionner régulièrement le ministre des Finances.

  3. Contrôler les nouveaux emprunts et garanties publiques.

  4. Surveiller la dette des entreprises publiques.

  5. Protéger les crédits de l’éducation, de la santé et des investissements productifs.

  6. Contrôler les recettes pétrolières, gazières et minières.

  7. Évaluer l’exécution des contrats stratégiques.

  8. Fixer des objectifs de contenu local et de transformation industrielle.

  9. Examiner chaque année les progrès accomplis vers la souveraineté alimentaire, énergétique et industrielle.

  10. Informer directement les citoyens des résultats obtenus.

La souveraineté doit devenir une politique mesurable, contrôlée et financée.

Elle ne doit pas rester une promesse électorale ou un discours de résistance.

LE RÔLE DE LA VEILLE CITOYENNE

Le citoyen collectif doit construire une veille permanente sur la dette et la souveraineté économique.

Cette veille pourrait suivre chaque trimestre :

  1. Le montant de la dette.

  2. Le capital et les intérêts remboursés.

  3. Les nouvelles taxes.

  4. L’évolution des subventions.

  5. Les budgets de la santé et de l’éducation.

  6. Les revenus réellement versés par les hydrocarbures.

  7. La dette et les résultats de PETROSEN.

  8. Les progrès de Yakaar-Teranga.

  9. La part des ressources transformées au Sénégal.

  10. Les emplois et marchés attribués aux entreprises sénégalaises.

  11. Les engagements envers le FMI respectés ou abandonnés.

  12. Les promesses souverainistes réalisées ou reportées.

Cette veille doit associer des économistes, juristes, syndicats, agriculteurs, artisans, entrepreneurs, universitaires, journalistes, jeunes et organisations citoyennes.

Elle doit contrôler l’opposition, le gouvernement et les députés de Pastef avec la même rigueur.

Si le citoyen collectif devient un simple défenseur du parti au pouvoir, il perd son indépendance et sa crédibilité.

Son rôle consiste à soutenir une orientation politique tout en contrôlant ceux qui doivent l’appliquer.

MAINTENIR LA MAJORITÉ JUSQU’EN 2030 ?

Une correction de calendrier s’impose.

Les députés furent élus le 17 novembre 2024 pour un mandat de cinq ans. La législature a commencé le 2 décembre 2024.

Sauf dissolution, le mandat prendra donc fin en 2029.

La majorité actuelle ne peut pas être juridiquement garantie jusqu’en 2030. Pour rester majoritaire au-delà de 2029, Pastef devra obtenir un nouveau mandat des électeurs.

Cette majorité ne sera pas conservée par les discours contre Macky Sall ou contre le FMI.

Elle sera conservée si les citoyens constatent avant 2029 :

  1. Une amélioration du pouvoir d’achat.

  2. Une meilleure maîtrise de la dette.

  3. Une électricité plus accessible.

  4. Des emplois créés par la transformation locale.

  5. Une protection des services publics.

  6. Une lutte visible contre les privilèges.

  7. Une publication régulière des comptes publics.

  8. Une reddition des comptes appliquée aux responsables actuels comme aux anciens.

  9. Une défense concrète des ressources naturelles.

  10. Une cohérence entre les promesses de souveraineté et les décisions gouvernementales.

Le citoyen collectif ne doit donc pas garantir la majorité de Pastef quoi qu’elle fasse.

Il doit créer les conditions pour que cette majorité mérite son renouvellement en 2029 et reste en fonction en 2030.

LE FMI PEUT-IL SAUVER LE CITOYEN COLLECTIF ?

Le FMI peut éviter une cessation de paiement brutale.

Il peut réduire le coût du financement.

Il peut restaurer l’accès aux partenaires internationaux.

Il peut imposer davantage de transparence budgétaire.

Mais il ne sauve pas directement le citoyen.

Il cherche d’abord à stabiliser les comptes, assurer le remboursement des dettes et rétablir la confiance des créanciers.

Le citoyen sera protégé si le programme préserve :

  1. Le pouvoir d’achat.

  2. Les subventions essentielles.

  3. L’éducation et la santé.

  4. Les investissements productifs.

  5. Les petites entreprises.

  6. L’emploi.

  7. Les ressources naturelles.

  8. La capacité future du Sénégal à décider par lui-même.

Si l’ajustement repose surtout sur les taxes, la baisse des subventions et la réduction des services publics, le pays retrouvera peut-être une stabilité comptable au prix d’une crise sociale.

Si l’effort porte aussi sur les créanciers, les dépenses improductives, les privilèges publics, la fraude fiscale, les contrats déséquilibrés et les responsabilités liées à la dette dissimulée, l’accord prendra une autre signification.

CE QUE LE CITOYEN COLLECTIF DOIT EXIGER

Le ministre des Finances doit publier ou présenter au Parlement :

  1. Le montant et le calendrier de chaque décaissement.

  2. La liste complète des engagements pris avec le FMI.

  3. Les nouvelles taxes envisagées.

  4. Les subventions concernées.

  5. Les dépenses publiques appelées à diminuer.

  6. Les dépenses sociales protégées.

  7. La liste des dettes soumises à restructuration.

  8. Les créanciers concernés.

  9. Les conséquences pour les banques sénégalaises et régionales.

  10. La contribution attendue du pétrole et du gaz.

  11. La situation financière de PETROSEN.

  12. Le calendrier de Yakaar-Teranga.

  13. Le sort réservé à la renégociation des contrats stratégiques.

  14. Les mécanismes de contrôle confiés à l’Assemblée nationale, à la Cour des comptes et aux citoyens.

L’accord technique constitue une ouverture financière.

Il ne constitue ni une victoire définitive, ni un sauvetage du peuple, ni une absolution de l’ancien régime.

Le citoyen collectif ne doit choisir aucun saint auquel se vouer.

Il doit demander les documents, comparer les engagements, identifier qui paiera et contrôler leur application.

Notre ligne doit rester claire :

Coopérer avec le FMI sans lui abandonner notre politique économique.

Emprunter sans aliéner nos ressources.

Contrôler la dette avant de la payer.

Transformer nos richesses avant de les exporter.

Soutenir une majorité sans renoncer à la surveiller.

Car la dette est contractée au nom du peuple.

Elle est remboursée par le peuple.

Les ressources naturelles appartiennent au peuple.

La souveraineté économique doit donc rester sous le contrôle du peuple.

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