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Les relations complexes entre Dakar et son ancienne puissance coloniale testeront les ambitions réformatrices du président sénégalais lors de son déplacement à Paris ce mercredi. Les dossiers de la monnaie et du partenariat militaire seront des épreuves cruciales.

Pour sa première visite officielle en dehors de l’Afrique depuis son investiture en avril, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye se rend à Paris ce mercredi pour affirmer sa vision souverainiste, dans un contexte de liens profonds et complexes entre le Sénégal et la France, rapporte l’AFP.

« Le chef de l’État sera convié à un déjeuner par son homologue français », a annoncé la présidence sénégalaise, précisant que M. Faye participera d’abord au Forum mondial pour la souveraineté et l’innovation vaccinales, à l’invitation de Gavi et de l’Union africaine.

Cette visite est hautement symbolique pour ce dirigeant panafricaniste de gauche de 44 ans, élu en mars avec la promesse de rompre avec l’ancien système. « Se déclarant panafricaniste de gauche, il a affirmé sa volonté de partenariats mutuellement bénéfiques à l’international », souligne l’AFP.

Pourtant, les relations entre Dakar et Paris sont historiquement étroites, la France se revendiquant comme « le premier investisseur et bailleur d’aide publique au développement au Sénégal ». Une présence remise en cause par le camp présidentiel, notamment par le Premier ministre Ousmane Sonko, ancien mentor de Faye.

« M. Sonko a accusé en mai l’Élysée d’avoir incité à la « persécution » d’opposants sous l’ancienne présidence sénégalaise », rapporte l’AFP, ajoutant que « MM. Sonko et Faye étaient encore en prison 10 jours avant la présidentielle ».

L’avenir du partenariat militaire franco-sénégalais est au cœur des discussions à venir, cristallisant les tensions. « M. Sonko a également jugé la présence de bases étrangères au Sénégal « incompatible » avec la souveraineté nationale », alors que « la France dispose de plusieurs emprises militaires à Dakar » et a entamé un désengagement sur le territoire.

De plus, la réforme de la monnaie, le franc CFA, héritage colonial, et l’alignement du Sénégal sur le Mali et le Burkina Faso, qui ont « tourné le dos à la France », selon l’AFP, pourraient être sources de frictions.

Quelques mois après son accession au pouvoir, ce déplacement à Paris de Bassirou Diomaye Faye s’annonce comme un véritable test pour mesurer l’équilibre qu’il compte trouver entre ses ambitions souverainistes et les réalités imposées par l’ancienne puissance tutélaire.