Les Chroniques du Doyen – Abdoulaye Fall, ou les pieds dans l’étrier du football sénégalais (Par Majib Sène)
Dakarmidi – Le football, cette religion des temps modernes à laquelle l’humanité entière a adhéré, passionne plus que jamais les Sénégalais. C’est parce que notre chère nation, depuis deux siècles environ, s’est mariée avec ce sport, le seul capable de révéler l’homme à l’homme sans flagornerie aucune, ni candeur naïve. Le Sénégal, pendant la colonisation, grâce à ses clubs, a régné en maître absolu dans la coupe de l’Afrique occidentale française. La Jeanne d’arc, le Foyer France Sénégal, l’Union sportive Coréenne, le Réveil, la Saint Louisiennes et l’Espoir ont inscrit leurs brillants palmarès au fronton du trophée comme une écriture en incuse d’Oracle.
Mais depuis l’accession à la souveraineté internationale en 1960, nos clubs marquent le pas et n’ont jusqu’ici vu la couleur des différents trophées mis en jeu par la Confédération africaine de football. L’équipe nationale, après plusieurs échecs, a enfin remporté pour la première fois la coupe d’Afrique des nations en 2021 au Cameroun. Ce réveil a fait que les différentes catégories de nos équipes nationales aiment plastronner et rengorger sur le toit de l’Afrique, grâce à leurs brillantes performances.
Aujourd’hui, M. Abdoulaye Fall, en remplacement de Maître Augustin Senghor, a pris les rênes du football sénégalais. Cet espoir qu’il suscite dans le landerneau footballistique est motivé par son appartenance au sérail de cette discipline sportive ancrée et vécue par son peuple d’appartenance. Son brillant cursus scolaire et universitaire s’est prolongé à l’Ecole nationale d’administration, faisant de lui un flamboyant énarque. Inspecteur du Trésor de classe exceptionnelle, il peut se vanter d’avoir été le grand argentier de l’Etat, faisant de lui un haut cadre de l’administration sénégalaise.
Ni grandiloquent, ni vindicatif, ni impétueux et encore moins isolationniste, il chemine droit mais son cœur bat toujours à gauche, fatalement comme un lit d’espérance. Né dans les profondeurs abyssales du Baol, précisément à Bambay en 1966, il a été éduqué dans les plus belles traditions d’un peuple toujours debout et lui jamais couché. Son incandescence intellectuelle, son sens du devoir toujours bien accompli et ses belles dispositions à ne voir en l’homme que ce qui l’ennoblit, nous autorisent à avoir confiance en lui dans l’exercice de ses nouvelles responsabilités.
La double qualification de notre équipe nationale en coupe d’Afrique des nations et en coupe du monde sous son magistère commençant augure des lendemains enchanteurs. Les hommes qui composent son administration ont tous une grande expérience de la chose sportive mais aussi de la vie pour évoluer positivement dans un milieu hélas souvent fragilisé par ses contradictions internes et ruiné par ses excès.
Nous avons bon espoir que les démons de la division seront maîtrisés à temps pour nous permettre de briller comme jamais nous ne l’avons été, dans ces joutes de la fraternité et des alizés des vents fécondants. Le Sénégal, tel qu’il est aujourd’hui, a besoin plus que jamais d’unité et surtout de cohérence et d’actions concrètes pour détruire l’étau et surgir de l’ombre. Nos prières accompagnent le président Abdoulaye Fall et toute son équipe dans leur marche irréversible vers des conquêtes victorieuses dans le cadre que voilà.
Doyen Majib Sène
