Une aiguille fabriquée au Sénégal vaut mieux que mille discours sur la souveraineté

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thierno lo lo

Depuis plusieurs années, la souveraineté est devenue le mot le plus utilisé dans le débat public sénégalais. Les régimes précédents en ont parlé. Le régime actuel en a fait un axe majeur de son discours. Deux ans après son arrivée au pouvoir, le Premier ministre appelle encore ses militants à se mobiliser autour de cette question.

Mais la souveraineté n’est ni un slogan ni un sujet de mobilisation permanente. Elle est avant tout une capacité à agir, à produire et à décider par soi-même.

Les pays qui ont réussi leur transformation ne se sont pas contentés d’en parler. Ils ont construit des usines, développé leurs capacités industrielles, transformé leurs matières premières et créé de la valeur sur leur territoire.

Au Sénégal, le moment est venu de passer du discours à l’action.

Nous disposons de phosphates, d’or, de zircon, de fer, de pétrole, de gaz, de sel, d’arachide, de coton, de ressources halieutiques et agricoles. Chacune de ces ressources peut alimenter des chaînes de transformation créatrices d’emplois et de richesses. Les engrais issus du phosphate, les produits dérivés de l’arachide, le textile à partir du coton, les produits de la pêche transformés localement, les fruits et légumes conditionnés ou conservés sont autant de marchés accessibles au Sénégal et à l’exportation.

Notre priorité devrait être claire : satisfaire d’abord les besoins du marché national avant d’exporter les surplus.

Pour y parvenir, il faut engager sans attendre une industrialisation ambitieuse. Il faut accepter l’endettement lorsqu’il finance des unités de production, des infrastructures industrielles et des projets créateurs de richesse. C’est cela l’endettement productif.

Nos ressources minières peuvent servir de levier. Les partenariats public-privé peuvent accélérer les investissements. Nos universités disposent des compétences nécessaires. Notre secteur privé existe. L’investissement humain, notamment celui porté par les grandes forces économiques et sociales du pays, constitue un atout considérable.

Le temps des récitations idéologiques est dépassé. Le temps des réalisations est arrivé.

Une petite usine qui transforme une matière première locale vaut mieux que cent séminaires sur la souveraineté. Une aiguille fabriquée au Sénégal vaut mieux que mille discours sur la souveraineté.

Les concepts ont leur utilité. Mais les peuples jugent les résultats. La véritable souveraineté se mesure aux usines qui fonctionnent, aux emplois créés, aux produits transformés localement et à l’espoir retrouvé de la jeunesse.

Parlons moins de souveraineté. Réalisons-la.

Thierno Lô
Président du Parti Alliance pour la Paix et le Développement (APD)

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