« Il est temps de se dire une vérité simple, mais essentielle, sans faux-semblants », martèle Thierno Lo

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Nous sommes tous d’accord sur un principe fondamental : toute œuvre humaine est perfectible. Elle peut et doit être réformée, fertilisée, adaptée aux contextes nouveaux. Mais le but ultime de toute réforme doit rester clair : la rendre plus performante, plus juste et plus consensuelle, afin qu’elle participe à la grandeur des politiques publiques et honore ceux qui les portent.

Alors pourquoi faire semblant de ne pas l’accepter, alors même que les contraintes sociales et économiques sont aujourd’hui les réalités les mieux partagées dans notre pays ?

Notre économie est en souffrance.
Le secteur privé est étouffé.

Et pourtant, des Sénégalais ont fait confiance à leur pays. Ils ont investi des niches stratégiques longtemps dominées par des sociétés étrangères. Ils ont contribué à la consommation locale, à la régulation du marché, à la réduction des pénuries, libérant parfois l’État de chantages structurels.

Au lieu d’être encouragés, ils sont aujourd’hui fragilisés par des décisions publiques qui semblent ignorer une vérité pourtant élémentaire :
les investisseurs travaillent avec les fonctions de l’État, non avec les personnes qui les incarnent.

Les hommes passent.
Les institutions demeurent.
Les structures économiques, elles, continuent à produire, employer et payer des taxes, en relation avec les décideurs successifs.

Les investisseurs, par nature, cherchent à rester à équidistance des chapelles politiques. Il peut arriver, dans le cadre de campagnes électorales, qu’ils soutiennent ici ou là une formation politique — cela relève de nos mœurs politiques et n’enlève rien à leur neutralité économique, dès lors qu’il n’y a ni captation ni préjudice à l’intérêt général.

Un Président de la République, un Premier ministre, a toujours été et sera toujours en interaction avec les grands acteurs économiques.
C’est une nécessité, pas une faute.

Ce dialogue permet :
• d’expliquer les contraintes réelles des entreprises,
• d’identifier les incitations utiles à la production,
• de préserver les emplois,
• d’élargir l’assiette fiscale,
• de mieux contrôler les prix pour soulager les consommateurs.

Les charges sont lourdes.
Les responsabilités sociales sont immenses.
Le contexte mondial est instable et fluctuant.

Dans ces conditions, l’appui intelligent et lucide de l’État est parfois indispensable pour franchir des caps, combler des gaps, ou augmenter la production.
C’est une responsabilité majeure des décideurs publics.

Un État sérieux doit entretenir les meilleurs rapports possibles avec son secteur privé, avec ses capitaines d’industrie, non par favoritisme, mais par souci de :
• croissance économique,
• souveraineté nationale,
• emploi,
• stabilité des prix.

Considérer le secteur privé comme un adversaire, c’est ne rien comprendre à la mécanique de la croissance.

Ne tuons pas nos capitaines d’industrie.
Ils ne sont ni des ennemis de l’État, ni des adversaires politiques.
Ils sont des acteurs de production, liés aux institutions, pas aux personnes.

Manquons de sérénité aujourd’hui, et nous créerons des injustices aux conséquences graves demain.

Notre pays a besoin de discours qui rassurent, non de paroles qui désarment.
Nous ne pouvons pas nous permettre de faire fuir nos investisseurs — nationaux comme étrangers — par des réformes mal expliquées, mal concertées ou perçues comme déstabilisantes.

Nos différends politiques peuvent et doivent trouver des solutions autour d’une table, dans le dialogue et la raison, sans fragiliser une démocratie qui vient de loin.

Pensons à l’Histoire.
Pensons à ce que liront demain nos enfants et petits-enfants.

Car tout se sait.
Et tout finit toujours par se savoir.

Légiférons juste.
Légiférons avec lucidité.
Légiférons de manière consensuelle.

C’est à ce prix que nous préserverons la paix sociale, la confiance économique et l’avenir de la Nation.

Ministre Thierno lo

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