650 millions d’euros : Dette cachée ou vérité cachée ? Le Sénégal face à ses responsabilités
Il ne sert à rien de crier au scandale sans comprendre. Mais il est encore plus dangereux de comprendre… et de se taire.
Ce qui se révèle aujourd’hui autour des montages financiers utilisés par l’État du Sénégal n’est pas un simple débat technique réservé aux initiés de la finance. C’est une question de souveraineté, de transparence et de responsabilité devant le peuple.
Oui, le Sénégal traverse une période de tension financière. Oui, les marges de manœuvre sont étroites. Mais depuis quand la difficulté justifie-t-elle l’opacité ? Depuis quand un État peut-il engager l’avenir de son peuple à travers des mécanismes complexes, risqués et peu lisibles, sans en rendre compte clairement ?
Le vrai problème n’est pas seulement d’avoir mobilisé des ressources. Le vrai problème, c’est comment cela a été fait.
Lorsque des instruments financiers à haut risque sont utilisés, avec des garanties potentiellement désavantageuses et dans un cadre peu transparent, ce n’est pas simplement une décision technique : c’est un choix politique lourd de conséquences. Car derrière ces montages, il y a une réalité simple : si cela tourne mal, ce sont les Sénégalais qui paieront.
Mais soyons justes et lucides. Ce débat ne doit pas être instrumentalisé. Il ne s’agit pas de condamner sans nuance, ni de défendre aveuglément. Il s’agit d’exiger ce qui est normal dans une République : la vérité, la clarté et la responsabilité.
Le Sénégal ne peut pas se permettre de perdre sa crédibilité financière. Il ne peut pas se permettre de naviguer à vue. Et il ne peut surtout pas se permettre de reproduire des pratiques qui, ailleurs, ont conduit des nations à des crises profondes.
Le peuple n’a pas besoin de discours rassurants. Il a besoin de vérité.
Il est temps que les autorités expliquent clairement :
• les conditions exactes de ces engagements,
• les risques encourus,
• et la stratégie globale de gestion de la dette.
Gouverner, ce n’est pas gérer l’urgence dans le silence. Gouverner, c’est assumer devant la nation.
Au-delà des clivages politiques, une exigence doit nous rassembler : protéger l’avenir économique du Sénégal.
Parce qu’en matière de dette, il n’y a pas de magie. Il n’y a que des choix. Et chaque choix engage des générations.
Bonne fête de Korité à toutes et à tous. Puisse cette période purifier nos cœurs, nous éloigner de la haine et nous guider vers plus de lucidité et de responsabilité.
Thierno Lo
Un Républicain Libre
