Ousmane Gueye rappelle à Diomaye et Sonko le sens de la responsabilité étatique
Les Sénégalais vous ont fait confiance et vous ont portés à la tête de notre gouvernance exécutive, sur la base de confiance et d’espoir.
Cette position d’attachement à votre programme électoral s’est traduite par un succès fortement reconnu par tous, lors des dernières élections présidentielles et législatives.
Aujourd’hui, malgré les signes d’apparence de part et d’autre, il est établi qu’il existe des contradictions et des divergences entre vous, qui peuvent se comprendre au regard de la complexité des voies et procédures de consensus de gestion, mais qui ne sauraient enjamber durablement la ligne rigide et intangible qui soutient l’inviolabilité de la « franchise » républicaine de l’ÉTAT.
Nous assistons malheureusement, en tant que Sénégalais soucieux du respect de nos institutions et du vote massif des citoyens, à un glissement non rassurant d’une situation, gérable pourtant à l’interne, hors des limites normatives du cadrage administratif.
L’existence active de contingences politiques acquises à vos camps respectifs se distingue par des attitudes contradictoires ouvertes, qui devraient plutôt s’orienter vers des débats de recherche de consensus dans la limite des prérogatives régaliennes liées à vos fonctions.
La réponse politique ne constitue pas une panacée pour rétablir un climat en détérioration graduelle qui pourrait ébranler à terme les fondements de notre dispositif étatique.
La responsabilité étatique doit s’exercer dans le maintien de la consolidation des piliers de la République, quelle que soit l’ampleur des divergences, qui ne sauraient être que celles de forme, gérables à court terme, et dans un esprit manifeste d’une acceptation mutuelle de l’équilibre institutionnel.
C’est cela, le souhait le plus partagé de l’opinion nationale.
En définitive, les contradictions de forme sont bien surmontables.
Celles de fond traduisent une rupture irréversible qui marquerait un désaccord profond de vision et d’option de gouvernance.
La poursuite d’une telle ligne serait un précédent dangereux, parce que caractérisée par l’érosion du socle de convergence pour l’harmonie et le succès au sein de l’exécutif.
Devant l’hypothèse d’un tel scénario, la prise de responsabilité de part et d’autre, au nom de la stabilité, devient une exigence à assumer et une nécessité républicaine.
Ousmane Gueye, ancien maire de Medina Sabakh et ancien PCS du CISES
