ATTENTION AUX IDÉES REÇUES SUR LE CFA (Pr Amath Ndiaye)

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On entend souvent que le franc CFA et le taux de change fixe seraient responsables des déficits de la balance commerciale en Afrique de l’Ouest. Pourtant, les chiffres montrent une réalité plus complexe.

Entre 2013 et 2023, les 8 pays de l’UEMOA — le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Bénin, le Togo et la Guinée-Bissau — ont enregistré un déficit moyen de la balance commerciale d’environ 10,9 % du PIB. Dans le même temps, les pays de la ZMOA comme le Nigeria, le Ghana, la Guinée, la Gambie, le Liberia et la Sierra Leone, qui disposent de monnaies plus flexibles, affichaient un déficit moyen plus élevé, autour de 15,7 % du PIB .

La comparaison entre la Côte d’Ivoire, le Nigeria et le Ghana est également instructive. En 2023, la Côte d’Ivoire, malgré le CFA et le taux de change fixe, présentait une balance commerciale pratiquement équilibrée. Le Nigeria limitait son déficit à environ –2 % du PIB grâce au pétrole, alors que le Ghana enregistrait un déficit commercial plus important malgré une monnaie flexible.

En Afrique, le vrai problème vient surtout de la faiblesse de la production locale et de la forte dépendance aux importations. Beaucoup de pays exportent peu de produits transformés et importent une grande partie de ce qu’ils consomment.

Pr Amath Ndiaye
FASEG-UCAD

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