CE QUI SE PASSE SOUS NOS YEUX EST GRAVE, TROP GRAVE POUR ÊTRE BANALISÉ !

0
IMG-20260513-WA0180

Des ordinateurs volés à la DGCPT. Des systèmes annoncés comme hackés à la DGID, à la DAF, au SENUM. Un bureau stratégique du ministère des Finances parti en flammes. Et aujourd’hui encore, le système de la DGCPT présenté comme attaqué. Ce ne sont pas des faits isolés. Ce ne sont pas de simples incidents administratifs. Ce sont des signaux. Des alertes. Des fissures inquiétantes dans un édifice institutionnel que nous pensions solide.

La question n’est plus technique. Elle est nationale. Sommes-nous réellement en sécurité ? Sécurité de nos données. Sécurité de nos institutions. Sécurité de nos infrastructures stratégiques. Sécurité de la confiance que les citoyens placent dans l’État. Car lorsqu’un État commence à exposer ainsi ses propres organes vitaux, lorsqu’on banalise l’attaque répétée de structures essentielles de souveraineté financière et administrative, c’est l’autorité même de l’État qui vacille. Ce que nous voyons aujourd’hui est du jamais vu.

Et pendant ce temps, une question fondamentale traverse l’esprit des Sénégalais : Que devient notre système de renseignement ?Quelle est aujourd’hui sa doctrine réelle ?Assure-t-il pleinement sa mission de sécurisation du pays et de protection des infrastructures stratégiques ou consacre-t-il l’essentiel de son énergie à la surveillance des expressions politiques et des stratégies de conquête du pouvoir ?

Un État sérieux ne peut pas détourner ses priorités. Les services de sécurité ont une mission sacrée : protéger les biens, protéger les personnes, sécuriser les administrations, préserver les données sensibles, anticiper les menaces, défendre les institutions de la République. La sécurité nationale ne doit jamais être réduite à des calculs politiques ou à des affrontements de camps.

Aujourd’hui, les Sénégalais ne veulent plus simplement être informés quand une catastrophe survient. Ils veulent des réponses. Ils veulent la vérité. Ils veulent connaître les résultats des investigations. Ils veulent savoir quelles mesures correctives ont été prises. Quelles mesures préventives sont mises en œuvre.Qui est responsable. Et surtout : comment empêcher que cela recommence. Le silence, l’opacité ou la banalisation ne sont plus des options. Nous avons besoin d’un sursaut national. Un sursaut pour protéger nos infrastructures numériques. Un sursaut pour sécuriser nos administrations. Un sursaut pour moderniser nos systèmes de défense et de cybersécurité. Un sursaut pour restaurer la confiance entre l’État et les citoyens.

J’interpelle solennellement le ministre de l’Intérieur : laissez les politiciens dans leur jeu politique permanent. La démocratie produit naturellement contradictions, oppositions et ambitions. Mais votre mission fondamentale est ailleurs : sécuriser le pays, protéger les citoyens, défendre les institutions, prévenir les menaces réelles, et empêcher toute fragilisation de l’État.

Le Sénégal entre dans une zone dangereuse où les vulnérabilités institutionnelles peuvent produire des conséquences incontrôlables. Ce n’est plus un simple enchaînement d’incidents. C’est un test grandeur nature de la solidité de notre État. Et nous devons être à la hauteur.

Thierno Lô, ancien ministre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *