PETIT RAPPEL AUX CONSEILLERS DE LA RÉPUBLIQUE (PAR THIERNO LO)
Le rôle d’un conseiller est souvent déterminant, mais il est par nature un rôle de l’ombre. Son influence s’exerce auprès de l’autorité qu’il conseille, non dans l’espace médiatique.
Un conseiller n’est ni un porte-parole, ni un responsable politique, ni un ministre. Il éclaire la décision, il ne se substitue pas au décideur. Sauf mission expresse ou mandat de communication clairement défini, il n’a pas vocation à prendre publiquement position sur les sujets relevant de l’État.
Or, depuis quelque temps, nous voyons des conseillers multiplier les interventions sur les réseaux sociaux et les plateaux de télévision, parfois sur des dossiers sensibles. Cette confusion des rôles brouille la parole officielle de l’État et fragilise la discipline institutionnelle.
Il serait utile que chaque conseiller relise les obligations de discrétion, de réserve, de loyauté et de confidentialité qui accompagnent ses fonctions. Servir l’État exige autant de retenue que de compétence.
J’invite également les ministres, directeurs généraux et autres hauts responsables à se rapprocher de leurs secrétaires généraux, de leurs conseillers diplomatiques ou des services du protocole afin de mieux cerner les règles qui encadrent les fonctions publiques. Dans un État, tout n’est pas permis. Les responsabilités s’exercent dans un cadre juridique, administratif et protocolaire précis.
La force d’un État ne repose pas seulement sur la qualité de ses dirigeants, mais aussi sur le respect, par chacun, des limites de sa mission.
La République fonctionne lorsque chacun connaît son rôle… et s’y tient.
Thierno LO, ancien ministre de la République
