JE SUIS MAROCAIN. JE SUIS AFRICAIN. JE SUIS SÉNÉGALAIS.

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L’histoire finit toujours par départager les émotions de la raison.

Lors des tensions nées après l’arrestation de certains de nos compatriotes au Maroc, j’avais refusé de céder aux amalgames. Alors que certains appelaient au boycott des produits marocains, des banques marocaines et voulaient transformer un incident sportif en crise diplomatique, j’avais défendu une autre voie.

J’avais soutenu que le football ne résume pas la relation séculaire entre le Sénégal et le Maroc. Nos deux peuples sont liés par l’histoire, la foi, l’économie, la diplomatie et des intérêts stratégiques qui dépassent largement quatre-vingt-dix minutes sur un terrain.

J’avais plaidé pour que les deux fédérations règlent leur différend dans les instances compétentes, que la diplomatie œuvre à la libération de nos compatriotes et que nos autorités évitent des déclarations susceptibles d’envenimer une situation qui pouvait être résolue avec intelligence et sang-froid.

Cette position m’avait valu des attaques. Mais la vieille école apprend à résister aux meutes, aux pressions de l’opinion et aux emballements du moment. Elle enseigne qu’un responsable défend toujours l’intérêt supérieur du pays, même lorsqu’il est seul.

Aujourd’hui, chacun peut s’interroger sur ce qu’est devenue notre fédération et sur la pertinence des questions que j’avais soulevées à l’époque.

À présent, le Maroc affronte la France. Pour moi, il représente toute l’Afrique.

Je suis Marocain. Je suis Africain.

Comme j’aurais soutenu le Sénégal contre n’importe quelle nation du monde, je soutiens aujourd’hui, sans réserve, les Lions de l’Atlas. Qu’ils gagnent ou qu’ils perdent, ils portent les couleurs de notre continent avec honneur.

Vive le Maroc.

Vive l’Afrique.

Vive le Sénégal, qui demeure un grand pays dont la dignité ne dépend jamais d’un résultat de football. Le football est une passion, mais il ne doit jamais nous faire perdre la mesure, ni nous faire oublier les concepts de souveraineté, de patriotisme et d’intérêt national.

Apprenons à utiliser les mots avec rigueur. Les concepts ne sont pas des slogans. Ils sont des responsabilités.

Thierno Lo
Un Républicain Libre

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