Gianni Infantino est en train de dénaturer la Coupe du monde

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Par Alejandro Ramírez

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a officiellement confirmé que l’idée d’un passage à 64 équipes pour la Coupe du monde 2030 (prévue au Maroc, en Espagne et au Portugal, avec trois matchs célébrant le centenaire en Amérique du Sud) sera examinée et débattue par les instances compétentes.

Pour justifier cette idée, il a déclaré : « Chaque pays devrait avoir l’ambition de participer à une Coupe du monde. Le niveau continue de progresser partout dans le monde. Si les petites nations n’ont aucune chance d’y accéder, elles risquent de perdre la motivation nécessaire pour se développer. »

Encore une énorme absurdité de la part du président de la FIFA. À ce rythme-là, autant faire participer tous les pays du monde à la Coupe du monde. La Coupe du monde n’a jamais été conçue comme une compétition où chacun finit par obtenir une place. Elle représente le sommet du football mondial, une récompense pour les nations qui ont su construire un projet solide, former des joueurs de haut niveau et franchir les éliminatoires. C’est précisément cette difficulté qui fait sa valeur et son prestige.

Le passage de 32 à 48 équipes était déjà un changement majeur. même si cette augmentation pouvait encore se justifier en raison d’une répartition plus équilibrée des places entre les confédérations, notamment pour l’Afrique, longtemps sous-représentée. Ce choix pouvait se défendre sur le plan de l’équité.

Mais pousser le tournoi jusqu’à 64 sélections donnerait l’impression que la qualification devient progressivement une formalité plutôt qu’un véritable exploit. À force d’élargir la compétition, on risque de diluer son niveau d’exigence, d’alourdir considérablement le calendrier et de réduire ce qui faisait le caractère exceptionnel de la Coupe du monde.
Autant l’appeler un championnat mondial ou un tournoi quelconque.

Au-delà de l’aspect sportif, cette proposition soulève également une interrogation politique. Plus de places signifie davantage de fédérations directement bénéficiaires des décisions de la FIFA. Il est donc légitime de se demander si cette réforme répond uniquement à une vision du développement du football ou si elle s’inscrit également dans une logique d’influence et de gouvernance au sein de l’organisation, notamment en renforçant potentiellement son soutien électoral afin de conserver son poste et de continuer à dénaturer ce sport que nous aimons tant.

Le football a besoin de se développer partout dans le monde, c’est une évidence. Mais le développement passe avant tout par les investissements dans la formation, les infrastructures, les compétitions locales et l’accompagnement des fédérations, pas nécessairement par une augmentation sans limite du nombre de participants à la plus grande compétition de la planète.

À vouloir rendre la Coupe du monde accessible à toujours plus de pays, la FIFA prend le risque d’en affaiblir ce qui a fait sa grandeur : son exigence, son prestige et son caractère exceptionnel.

Le football mérite d’être dirigé par une vision avant tout sportive, et non par une logique où les considérations économiques et politiques prennent progressivement le dessus. À force de vouloir élargir sans cesse les compétitions pour générer davantage de revenus, séduire un plus grand nombre de fédérations et renforcer son influence, la FIFA donne l’impression que le business est devenu une priorité supérieure à l’intérêt du jeu. Le football n’a jamais eu besoin d’être transformé en produit commercial à outrance pour être le sport le plus populaire au monde. À vouloir toujours plus, on finit par mettre en péril ce qui fait toute la grandeur, le prestige et l’authenticité de cette compétition.

Pathétique.

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