Al Aminou Lo / DPG : entre urgence financière et ambition économique

La vraie question de cette Déclaration de Politique Générale (DPG) aujourd’hui : n’est pas seulement de nous nous dire où va le Sénégal, mais surtout nous dire comment nous allons y arriver avec des finances publiques sous pression!!
Cette DPG intervient dans un contexte où l’équation des finances publiques reste particulièrement contraignante.
La LFI 2026 prévoit 6 188,8 milliards FCFA de recettes pour 7 433,9 milliards FCFA de dépenses, soit un déficit budgétaire de 1 245,1 milliards FCFA, correspondant à 5,37 % du PIB. À cela s’ajoutent 6 075,2 milliards FCFA de besoins de financement et 5 497,9 milliards FCFA de service de la dette.
Ces chiffres montrent clairement que les marges de manœuvre de l’État sont de plus en plus limitées.
C’est ici que nous attendons le génie macro-économiste du Premier ministre !
Certes, l’accord conclu avec le FMI, d’environ 1 243 milliards FCFA, constitue un point d’appui important et un signal susceptible de rassurer les autres partenaires financiers et les investisseurs. Et, il pourra contribuer à une meilleure orientation de la politique budgétaire. Mais ce financement ne règle pas, à lui seul, notre situation.
Parce que l’urgence financière ne doit pas nous faire perdre de vue notre ambition économique, notamment celle portée par la Vision Sénégal 2050.
D’ailleurs, en 2025, notre PIB a progressé de 6,7 %, mais seulement de 2,2 % hors hydrocarbures. Le véritable enjeu aujourd’hui est donc de transformer cette croissance en une croissance plus diversifiée, plus productive et créatrice d’emplois, notamment en s’appuyant sur l’agriculture et l’industrie.
C’est là que se trouve, à mon sens, le véritable défi de cette DPG : assainir les finances publiques tout en préservant l’investissement productif et en accélérant la transformation structurelle de notre économie.
Produire davantage. Transformer davantage. Développer notre industrie. Réduire notre dépendance aux importations. Et renforcer notre capacité à exporter !
Ce sont les conditions essentielles pour inscrire durablement le Sénégal sur une trajectoire de souveraineté économique.
Bachir NDIAYE | Économiste
Université Cheikh Anta Diop de Dakar
Laboratoire d’Analyse des Politiques de Développement – UCAD



