CYBASTION – 300 MILLIONS DE DOLLARS POUR LE NUMÉRIQUE : LE SÉNÉGAL DOIT ALLER VITE

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L’annonce faite à Washington par Cybastion est importante : 300 millions de dollars, soit plus de 170 milliards de FCFA, annoncés pour des projets liés à la cybersécurité, aux data centers, au transfert de technologies et au renforcement des compétences nationales. Des start-up sénégalaises devraient être associées à leur mise en œuvre.

Je voudrais encourager le Président Bassirou Diomaye Faye à poursuivre cette ouverture.

Le numérique est aujourd’hui l’un des rares secteurs où le Sénégal peut rapidement créer de la valeur, des emplois qualifiés, des entreprises et des services exportables.

Il ne faut donc pas avoir peur des partenariats américains, chinois, européens ou autres. Il faut simplement savoir négocier.

La souveraineté ne signifie pas se fermer au monde.
La souveraineté, c’est être capable de négocier avec le monde sans perdre la maîtrise de son avenir.

Avec les Américains, comme avec les Chinois, nos exigences devraient être claires :

  1. Formation massive de nos jeunes ;
  2. Transfert réel de technologies ;
  3. Participation des entreprises et start-up sénégalaises ;
  4. Développement de nos infrastructures numériques et de nos data centers ;
  5. Protection et valorisation de nos données ;
  6. Création de plateformes permettant de retenir davantage de valeur au Sénégal.

Je pense notamment à Sénégal Numérique SA (SENUM), qui doit devenir un véritable partenaire industriel et technologique de ces opérations.

Nous devons également accélérer l’e-money et les plateformes numériques financières, afin que davantage de flux monétaires puissent être tracés, sécurisés et transformés en opportunités pour nos entreprises et nos start-up.

Les Sénégalais ont les compétences et l’envie d’entreprendre. Il faut leur donner les infrastructures, les financements, les marchés et les technologies.

Le partenariat américain annoncé aujourd’hui doit donc être regardé avec intérêt. Mais il doit être négocié avec des objectifs précis et mesurables.

Nous pouvons d’ailleurs comparer objectivement ce modèle aux partenariats engagés avec la Chine, notamment autour d’Alibaba Cloud, où des programmes de formation d’ingénieurs et de jeunes talents sénégalais ainsi qu’un Centre d’Excellence technologique avec SENUM et le secteur privé local avaient été annoncés. (RTS Officiel⁠)

Notre politique devrait être simple : ne fermer aucune porte, mais ouvrir toutes les portes qui permettent au Sénégal de monter en compétences.

Le temps du numérique est maintenant.

Il faut aller vite. Mais il faut négocier fort.

Thierno Lo
Ancien Ministre
Un Républicain Libre

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