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Question 1 et 2

M-EL : Difficile de vous présenter. Vous avez été enseignant, mécanicien en confection, opérateur de saisie sur matériel IBM, Éducateur Technique, Secrétaire d’accueil au Secours Populaire Français puis Magasinier cariste et gestionnaire d’entrepôt. Puis à Strasbourg, vous décrochez le diplôme de monteur câbleur en Électronique Professionnel. Par la suite, vous travaillez comme technicien de qualité des Circuits Imprimés, Opérateur de fabrication d’appareils de téléphone fixe, mobile dit portable, et autocommutateur chez Alcatel. J’ajoute que vous êtes interprète et vous exprimez en dix langues africaines. Dite nous, comment est née la vocation littéraire ? Avec une activité si abondante, quelle place accordez-vous à la littérature ?

Réponse :

J’ai aimé la littérature depuis l’école primaire. Je lisais beaucoup les livres 📚 de conte, les romans policiers les romans d’écrivains africains, les bandes dessinées. À l’époque c’était les Zembla, Blek le rok , Akim etc….Je lisais aussi les romans photos avec passion. Je pense que cet amour de la lecture a été le premier facteur qui a donné naissance à ma vocation littéraire. Ensuite a suivi l’événement avec le poème de CAMARA Laye intitulé : A ma mère extrait de son Roman : L’ENFANT NOIR. Le maître d’école Monsieur NDAO nous a lu le poème et donné comme devoir à toute la classe d’apprendre le poème. Arrivé à la maison, j’ai dit à maman :  » J’ai quelque chose de très intéressant à te montrer 👉. Je lui ai traduit le poème car elle ne sait ni lire ni écrire ✍️. Elle m’a répondu : La maman de ce petit garçon a beaucoup de chance d’avoir un fils qui parle si bien pour elle.Je lui réponds aussitôt : ne t’en fait pas maman, s’il plaît à Dieu, je t’en ferai un très beau un jour, quand je serai grand. C’est cette promesse en deuxième chose qui devenu l’élément qui a contribué à la naissance de ma vocation littéraire. C’est là que j’ai choppé le virus de la poésie.Quant à la place que j’accorde à la littérature, c’est une grande place. J’avais réservé cette période actuelle de ma vie pour servir l’humanité par l’écriture.

Question numéro 3

M-EL : Que représente la ville de Kolda pour vous?

Réponse:

Kolda est ma ville natale. C’est là que se trouve enfouie toute mon enfance. C’est là que j’ai grandi dans l’amour de mes parents, de mes amis, de mes proches et de mes amis d’enfance. Cela m’a tellement marqué que KOLDA représente pour moi un des endroits les plus importants de ma vie.Je crois que pour tous les humains, le lieu de naissance où on a enterré son nombril est sacré pour tout un chacun. Kolda est mon berceau. Kolda vit en moi. L’amour que j’ai pour papa et maman réapparaît en miroir dans celui que j’ai pour ma bien aimée ville natale Kolda. Enfin KOLDA c’est mon âme en quelque sorte.

Question numéro 4

A-EL : Vous êtes très présent dans les médias et les réseaux sociaux. Est-ce une option réaliste pour vous faire connaître ? Avez-vous des retours sur vos textes ?

Réponse:

J’aime bien les réseaux sociaux en dépit qu’il y a des Fake News et d’autres inconvénients. C’est notre nouvelle salle de classe populaire. Est-ce une option réaliste pour me faire connaître ? Je ne sais pas. Je suis une star de la plume. Si ça peut me rendre plus célèbre à faire de moi une super star, je n’y vois aucun inconvénient. Oui j’ai toujours des retours à mes textes. Surtout dans le Facebook où je reçois beaucoup d’appréciations et d’encouragements.Cela me donne de la motivation et de la force d’écrire. Des fois même de l’inspiration.

Question 5

A-EL : Vous sillonnez la France pour participer à différents salons littéraires. Que vous apportent ces événements littéraires ?

Réponse:

C’est une bonne salle de classe universitaire où s’échangent de belles lettres. Je trouve que c’est très enrichissant de rencontrer les autres écrivains. Chacun apprend de l’autre et c’est merveilleux. Je pense que cela est un bon cathaliseur pour le développement culturel. C’est une rencontre qui suscite beaucoup d’émotions et d’ambitions.

Question 6

M-EL : Votre présence au dernier Salon du Livre Africain de Paris a particulièrement marqué votre parcours littéraire. Quel souvenir en gardez-vous ?

Réponse:

Le dernier Salon du Livre Africain de Paris était la 3ème édition. J’ai participé aussi au précédent. Cela s’est passé à la mairie du 6ème arrondissement de Paris. La capitale ville lumière de toutes les fraternités. J’en garde un excellent souvenir. Il y avait beaucoup d’éditeurs et d’écrivains. Il y avait aussi des artistes de tous bords. L’ambiance était très bonne. C’était assez convivial. Ce qui est merveilleux, j’ai l’impression qu’on s’accorde à se dire que nous sommes tous membres de la même famille littéraire africaine. Peu importe la couleur. J’ai été merveilleusement surpris de découvrir que le Président du Salon Monsieur MONJOUR est notre frère Africain blanc. Il a fait une bonne partie de ses études scolaires à Dakar où il a vécu des années. J’ai été marqué par une dédicace que je ne suis pas prêt d’oublier. Une jeune binationale d’origine Sénégalaise née à Paris est venue à notre stand et veut acheter le seul exemplaire qui me restait. Elle voulait l’offrir à son père qui est natif de KOLDA pour son anniversaire 🎂 le jour même.

Je ne voulais pas le vendre. Je lui ai donné l’adresse de la librairie Tamery pour y chercher un exemplaire. Elle a insisté. Elle avait les larmes aux yeux. Le sentiment d’amour qu’elle a manifesté pour son père et pour ce livre a été comme un merveilleux cadeau pour moi. Mon confrère et hôte Camerounais Éric que je salue au passage, m’a dit : il vaut mieux donner cet exemplaire à cette jeune demoiselle. Je garde un autre excellent souvenir. C’est mon interview avec la presse. Ça a fait tilt. J’ai été honoré d’avoir la parole pour dire un mot sur l’actualité de nos vies littéraires Franco-Africaines.Je salue au passage Madame CORREA Paulette notre marraine du Salon des auteurs de l’Unesco.

Question 7

M-EL : Des lecteurs qui vous suivent disent de vous que vous êtes « Ambassadeur de la littérature franco-africaine ». C’est vous donner un pouvoir immense. Vous l’assumez ?

Réponse:

Cette nomination m’a été donnée à la naissance de mon premier ouvrage KOLDA DE MON ENFANCE. Elle s’est renforcée officiellement avec ma nomination au poste d’Ambassadeur des Fous du Livre dans la DIASPORA et Assimilés. J’ai partagé l’info avec tous mes amis et proches. Je salue au passage toute l’équipe du comité d’organisation et tous les militants associatifs de cette grande Association Camerounaise de Yaoundé.Merci pour l’honneur. Oui effectivement on m’a donné un pouvoir immense. Oui je l’assume. Ce n’est tout de même pas facile. J’ai une image à défendre. Je deviens un diplomate littéraire. Pourcela il ne faut être ni brut, ni arrogant, ni nerveux. Il faut être respectueux et souple.Je rappelle au passage que le FESTIFOUS dit Festival International des Fous du Livre aura lieu du 18 au 21 Décembre 2024 au Musée National de Yaoundé. Cette année c’est le Sénégal qui est invité d’honneur. Vous êtes les bienvenus.

Question8.

M-EL: Le voyage est une thématique récurrente de votre œuvre. Voici votre projet exprimé dans un extrait poétique de votre roman Kolda de mon enfance:  Je prendrai mon petit déjeuner en Europe,  Mon repas en AsieMon goûter en Océanie  Mon diner en AmériqueEnfin passer la nuit en Afrique.C’est la même idée que véhicule le poème  » Voyager c’est vivre », où vous souhaiteriez que soit fabriqué  » un pont qui relie nos cinq continents unifiant toutes les villes de la terre ». Croyez- vous en l’idée de village monde?

Réponse:

Oui bien sûr. Je pense qu’on doit converger vers l’idée d’avoir un village monde. Je pense que le salut du monde se trouve dans cela. Voyager est une merveilleuse façon de vivre avec toutes les difficultés que cela peut avoir quand on prend le chemin de l’aventure dit chemin de la mort.Voyager est aussi un bon moyen de s’instruire. C’est aussi du bonheur de voyager. Je pense qu’on doit simplifier le voyage au mieux possible à ceux qui le désirent.

Question 9

A quoi renvoie ce pont ? Vous considérez-vous comme un poète de l’universel?

Réponse:

Ce pont renvoie à la rencontre des cultures et des peuples. C’est notre meilleur moyen de mieux vivre. Bien sûr que je me considère comme un poète de l’universel. Je pense qu’à la base c’est ça être poète au vrai sens.

Question 10

A-EL : Il y a tout de même des conditions pour qu’un tel pont soit établi…

Réponse:

Physiquement oui. Dans ce cas cela demanderait beaucoup tracas. Mais théoriquement le pont est déjà établi parce qu’il existe des avions ✈️ qui permettent de voyager dans les 5 continents. Il y a des bateaux, des trains et bien d’autres moyens de transport. Il y a aussi des universités.

Question 11

A-EL : Dans Kolda de mon enfance, vous faites découvrir les plus beaux souvenirs de votre enfance en exprimant un sentiment d’amour profond pour vos proches et amis. La peinture du paysage Koldois est impressionnante par sa beauté à travers la verdure, les cases en toit de chaume, le pont Maclaud rebaptisé pont Abdoul Diallo sous lequel coule le fleuve Casamance. C’est là véritablement votre vie ? Qu’est-ce qui relève du romanesque dans ce roman ?

Réponse:

Tout est romanesque dans ce roman. Même les poèmes qui l’embellissent et lui donnent une grande force sont une forme romanesque de création littéraire. Dans mon imagination à écrire ce livre de 17 chapitres, il y a un mélange du réel et de la fiction. La description, la peinture, vous l’avez bien dit. Tout ce que vous venez de citer c’est du romanesque.

Question 12

A-EL : Dans le même roman, vous affirmez qu’il n’y a pas meilleure ressource physique et morale que les retrouvailles avec l’enfance. Que représente l’enfance pour vous? Pour l’écrivain africain en général ? Comment avez-vous procédé pour reconstituer ce passé ?

Réponse :

L’enfance pour moi est quelque chose de fabuleux. C’est une merveilleuse partie de ma vie .Cette période innocente et inconsciente de ma vie où mes parents et le voisinage ont veillé sur moi par amour. L’enfance pour moi est la fondation de la vie. Beaucoup de grands auteurs ont écrit sur leur royaume d’enfance. Je pense que l’enfance est un maillon solide de la vie de l’homme. Pour l’écrivain africain cela doit être important pour lui car l’enfance c’est la famille et cela est primordial dans la culture africaine. C’est elle qui nous rattache à nos racines. Sans nos racines on est perdu. Mon cousin CAMARA Laye nous a laissé un fabuleux témoignage là-dessus avec son roman L’ENFANT NOIR devenu un véritable monument littéraire pour le continent. Pour reconstituer ce passé, j’ai pris mon temps d’y méditer. Pendant des années à ratturer avant de faire publier.Je me réjouis du résultat aujourd’hui car en fin de compte KOLDA DE MON ENFANCE est un magnifique conquérant littéraire.

Question13

M-EL : « De Saré Moussa à Bantagnel, de Sikilo à Doumassou, de Ndiobène à Gadapara, du Centre-ville à la gouvernance et même jusqu’à la Trypano, sont dans ma nostalgie, le rappel d’une véritable source de plaisir », peut-on lire dans le roman. Vivez- vous souvent un certain mal être de l’immigré, couvert de nostalgie et de mélancolie ? Comment réussissez-vous à maintenir le lien avec l’Afrique ?

Réponse:

La nostalgie a toujours été pesante dans ces périodes souvent mélancoliques. Surtout avant d’avoir l’autorisation de séjour nous permettant de circuler librement. Il m’est arrivé d’être très désespéré en mes débuts à PARIS. C’était terrible mais Dieu merci ce n’est plus qu’un souvenir. La vie de l’homme c’est un enchaînement de coups durs.Elle est faite de haut et de bas. J’ai toujours maintenu le lien avec l’Afrique. Mon Afrique bien aimée. A l’époque nous n’avions que des lettres pour communiquer. A présent on a le téléphone, la télé, les réseaux sociaux et autres.On se sent plus près de nos proches.

Question 14
M-EL : L’immigration clandestine, parlons-en. En tant qu’écrivain africain immigré, quel regard portez-vous sur ce phénomène ? Quelles sont les solutions que vous proposez pour éradiquer ce phénomène ?

Réponse :

Un écrivain est quelqu’un d’important mais son pourvoir se limite à proposer.Il n’est pas décisionnaire. Mon regard est celui d’un homme désespéré , impuissant devant le phénomène. Depuis bien longtemps notre consœur Fatou DIOME fustige en indexant pertinemment ce phénomène meurtrier. Fatou à tiré la sonnette d’alarme pour que le monde puisse enfin trouver un moyen pouvant empêcher aux enfants d’Afrique d’aller mourir dans l’océan Atlantique. Mais jusqu’ici rien. La solution à ce problème est qu’on continue à sensibiliser nos frères et sœurs d’Afrique pour empêcher les jeunes africains de prendre le chemin de la mort à risquer leur vie en quête d’un avenir meilleur. Que nos dirigeants d’Afrique tout comme ceux de l’Europe ne baissent pas les bras. Qu’ils continuent à faire tout pour mettre fin à ce fléau. La vie humaine n’a pas de prix. Le monde a besoin de ses humains. Mon engagement d’écrivain est de continuer à indexer le mal jusqu’à y mettre fin .L’immigration oui mais pas clandestine.

Question 15

A-EL : Après votre premier roman, vous vous consacrez entièrement à la poésie. Qu’est-ce qui a favorisé ce choix ?

Réponse:

D’abord sans doute parce-que j’ai découvert que la poésie a une importance grandiose. Le reste c’est un concours de circonstances et aussi parce-que je suis plus passionné à faire des poèmes. Après mon premier roman, fasciné par mes poèmes,dans sa quête à déceler et lancer de nouveau talents,l’éditeur Idrissa Sow Gorkodjo  m’a proposé de faire un recueil de poèmes. Ça a été une belle aventure qui suit son cours avec succès. Les propositions de faire des poèmes s’enchaînent en m’occupant à  temps complet sibien que je n’ai pas encore pensé à écrire autre chose. Mais votre remarque a attiré mon attention et m’y fait penser . Je vais sans doute encore faire des romans ou autre. L’écriture, une fois qu’on est lancé dedans,il est difficile de s’arrêter. Enfin seule la passion a motivé mon choix pour la poésie.

Question 16

M-EL : Le poème  » Strasbourg notre capitale » est un hymne dédié à votre ville d’accueil. Vous évoquez‘‘la reine des capitales européennes »,  »L’avenir de la France de toutes les races »,  »les rivages du Rhin ». Que représente Strasbourg dans votre vie ? Et dans votre parcours d’écrivain?

Réponse:

Un écrivain est un citoyen d’honneur pour une ville. Tout comme Kolda ma ville natale, Strasbourg est ma ville adoptive. Elle est très importante pour moi. Beaucoup d’années de train train quotidien m’ont attaché à son passé de grande ville d’honneur. Au cours des années mon amour pour elle est devenue de plus en plus grande. En plus c’est une ville qui a beaucoup de considération pour les auteurs. Beaucoup de rues  et monuments de la ville de Strasbourg portent des noms d’écrivains. Le poète se glorifie de ce qui l’appartient. Ce poème hymne est ma façon de lui manifester ma reconnaissance distinguée. La reconnaissance n’est pas obligatoire dit l’ingrat. Mais c’est une exigence du savoir vivre que Dieu apprécie. Je partage l’avis de l’ASTI dite Association avec la Solidarité des Travailleurs Immigrés. Ils pensent comme moi que L’avenir c’est la France de toutes les races. C’est le fruit de son histoire. Tout discours qui dit l’inverse fait hors sujet. 14 pays d’Afrique dits francophones en sont aujourd’hui son prolongement culturel.

Question 17

A-EL :  »Djouma moubarack », poème écrit sous forme  de prière religieuse, est présenté par vous comme une profession de foi. Quelle est la place de la religion dans votre écriture?

Réponse:

La religion est le libre choix de l’homme vers son destin. Il y en a plusieurs sur terre. terre.Pour moi la religion occupe une place de bonne conseillère dans mon écriture. Croire en Dieu pour moi est une garantie contre le suicide et nous permet d’être en paix avec nous-mêmes. Nous, nous avons la chance d’avoir le paradis chose que le non croyant n’a pas. Je pense qu’il faut être croyant mais pas fanatique.

Question 18

A-EL : La femme occupe une place essentielle dans votre poésie. Vous avez consacré à la femme de Kolda un poème intitulé ‘‘Femmes de Kolda’’. Vous écrivez :  Oh ! Femmes de Fouladou,Je vous trouve belles. Votre beauté parfume nos maisons. Autour du berceau qui vous vit naitre(…) Votre charme enroulé aux mémoires. De mon berceau, éclaire votre nid de baisers.Dans une de vos sorties, vous comparez, sans les opposer, la femme africaine à la femme parisienne. Quel est votre rapport à la femme africaine ? Que symbolise-t-elle dans votre écriture ?

Réponse:

C’est elle qui m’a mise au monde sibien qu’elle devient une des plus importantes personnes pour moi. Elle symbolise à mes yeux : la beauté, la bonté, la sécurité et bien d’autres qualités. C’est pourquoi je chanterai partout ses louanges, ses qualités notamment ma maman pour qui j’ai un amour géant comme la montagne. J’ai fait un poème pour les femmes de Kolda j’en ai fait également pour les femmes de Paris. Le jeune chanteur  Koldois OF-KING Mansakeh nous a fait l’honneur de nous le chanter à la Radio Paris Pluriel et Passion Culturelle.

Question 19

M-EL : En prélude à la 6e édition de la Journée Mondiale de la Culture Africaine, JMCA, organisée le 24 janvier 2024, vous avez publié un poème très intéressant que vous dédiez au togolais Ayité John DOSSAVI, fondateur de la JMCA. Que représente cette figure pour vous ?

Réponse:

Une grande figure avec un esprit conciliateur cherchant à unifier tous les enfants d’Afrique . Aussi bien ceux du continent que ceux de la DIASPORA . Notamment les Afro-descendants qui ne doivent pas être les oubliés de l’histoire Africaine. Ils ont leur place dans son cœur et dans sa cour. La bataille de John Ayité DOSSAVI pour conquérir la JMCA dite Journée Mondiale Culturelle Africaine et Afro-descendante est glorieuse de par son parcours. Pour moi il est symbole de bravoure. Je pense qu’on peut le placer parmi les grandes figures de notre génération..Je me réjoui d’avoir fait sa connaissance et d’avoir l’honneur et le bonheur de lui rendre hommage pour lui dire vivement merci pour l’Afrique et tous ses enfants.

Question 20

M-EL : Mais au-delà de l’hommage, le poème s’adresse à toute l’Afrique. On peut lire : Je contemplerai tes enfants unis dans  Une fraternité véritable travaillant,Coude à coude comme tu le souhaitesConforme à ton idéal de vie culturelle.Ils se tiennent la main formantL’Union Africaine des écrivains et poètesPour cultiver le champ de ton avenir avecLeurs plumes d’amour de Dieu pour toiAu service de l’humanité. Avec le pouvoir de l’écriture l’impossibleDevient possible. De quelle Afrique rêvez-vous et quel peut être l’apport de la poésie dans la construction de cette Afrique ?

Question 21
A-EL : Comment est né le titre Ballade matinale de votre recueil de poèmes ?

Réponse:

Comme mon cousin  CAMARA Laye pour son roman L’ENFANT NOIR, c’est mon éditeur Idrissa Sow Gorkodjo qui me l’a proposé. C’est tellement beau par définition que j’ai accepté de suite. C’est un titre qui flash de façon romantique.

Question 22

A-EL : Dans l’émission Le Livre en question de la radio Passion culturelle animée par Lydia Antoine et Simplice Agnimo, vous affirmez que votre satisfaction, après la publication de Ballades matinales, c’est le fait que la critique relève une certaine similitude entre votre écriture et des textes de Victor Hugo, Senghor et Camara Laye. Vous inspirez-vous de ces auteurs ? Quelle est votre touche personnelle dans votre écriture ?

Réponse :

Je suis fan de ces grands auteurs. J’ai écrit KOLDA DE MON ENFANCE sans savoir que le doyen Léopold Sédar SENGHOR avait écrit sur son royaume d’enfance lui aussi. Bien sûr qu’ils me donnent de l’inspiration. Les grand auteurs donnent toujours de l’inspiration. Ma touche personnelle est mon style particulier à développer l’amour au Pluriel. Je me réjoui de recevoir d’innombrables appréciations et je fais tout pour rester kool avec tout le monde.

Question 23

A-EL : Lors du même  entretien, vous déclinez votre vision sur le développement de l’Afrique:  » Pour moi, pour le développement du continent, nous devons d’abord nous défaire de son passé colonial en s’ouvrant aux autres dans un réel climat d’échange cordial et convivial. Nous ne devons pas nous focaliser avec haine sur notre passé douloureux mais plutôt sur notre souci de développent à tout prix. On doit laisser tomber tout ce qui nous en empêche et prendre conscience dans tout le continent qu’il est temps qu’on y arrive’’. Croyez-vous que l’Afrique puisse se développer sans tenir compte de son passé colonial?

Réponse:Cela est impossible. L’Afrique ne peut pas se développer sans tenir compte de son passé colonial car nous sommes entrain de lui refaire une beauté sous ses décombres. Le passé colonial c’est l’histoire de l’Afrique. C’est un passé douloureux certes mais c’est c’est son vécu. On ne peut pas ne pas en tenir compte. Par contre il y a certains aspects de la culture coloniale que nous devons laisser tomber. Par exemple mettre fin au travail intérimaire des élus. Développer mieux le cynisme et vaincre la mauvaise gouvernance qui je pense est un défaut de cynisme. Il y a bien d’autres aspects qu’on doit laisser tomber.

Question 24

A-EL : Ya-t-il une façon particulière de dire l’Afrique de l’extérieur, en tant qu’Africain ?

Réponse:

De façon particulière, je pense que le livre est un excellent moyen de dire l’Afrique de l’extérieur en tant qu’Africain. Je pense à DIASPORA ET Afro-descendant.

Question 25

M-EL : Votre écriture sobre et accessible révèle les thématiques suivantes : L’enfance, le voyage, la femme, l’Afrique, les cultures, le monde, l’union, la nature. Cela vous parait-il exact ? Que souhaitez-vous que les jeunes générations retiennent de vous comme écrivain ?

Réponse:

Oui c’est bien exact. Je voudrais que les jeunes générations retiennent de moi l’image d’un Poète qui a prié pour que leur Afrique retrouve une vie paisible travaillant dans le bonheur sans bataille fratricide. Elle a trop souffert par le passé. Nous avons une très belle culture qui permet de le faire à base de l’enracinement et l’ouverture.

Question26

A-EL : Votre collaboration avec Bertille Mawem dans le cadre du projet Les fous du livre a donné naissance à un recueil de poèmes, Par ton regard. Comment est née l’aventure ? Avez-vous d’autres relations avec des auteurs africains?

Réponse:

Nous avons été sélectionnés auteurs de la semaine par Joël Célestin Bobo promoteur littéraire et culturel. Marie Bertille MAWEM grande star de la plume et de la télé à flashé pour mon style d’écriture. Elle a demandé à me rencontrer. Nous avons collaboré depuis. C’est ainsi qu’est née notre aventure. Oui j’ai des relations avec beaucoup d’autres écrivains.

Question 27

M-EL : Pouvez-vous nous parler du projet Passeport littéraire?

Réponse:

Je pense que c’est une première dans l’histoire de notre littérature Franco-Africaine. Le passeport littéraire est un livre qui contient le profil d’auteur de tous les inscrits. A base de leur CV, je reconstitue leur profil d’auteur. Cet ouvrage sera notre moyen de contact avec le monde .

Question 28

A-EL : Quels sont vos autres projets littéraires ?

Réponse:Nous envisageons de créer la Caravane Littéraire des Écrivains de la Diaspora. Chaque année on choisit un pays d ‘ Afrique pour aller célébrer avec ses habitants la JMCA. Je pense que c’est une merveilleuse façon de participer activement au développement culturel de L’Afrique.

FIN DU QUESTIONNAIRE.