25 Ans de règne: Comment Mohammed VI a ouvert un nouveau chapitre pour les Femmes …

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Mais comment en sommes-nous arrivés là ? Comment cela a-t-il été possible ? Cela a commencé dès l’accession au trône de Mohammed VI en 1999. Depuis, et durant ces 25 ans de règne, le Roi a déployé tous les efforts possibles pour améliorer les conditions de vie et de travail des femmes de son pays. Aujourd’hui, c’est toute la Moudawana qui va changer.

Cette transformation est le fruit d’une vision royale éclairée. Le Roi a ressenti le besoin urgent de changement au Maroc, répondant aux appels insistants et persistants des Marocaines confrontées depuis longtemps à divers obstacles liés à leurs droits et ceux de leurs enfants, comme la garde, la tutelle et bien d’autres problèmes. C’est alors que le Roi a dit STOP. Il est temps de changer les choses.

Ghizlane Mamouni, avocate au barreau de Paris et présidente de l’Association Kif Mama Kif Baba, s’est toujours engagée avec son association pour promouvoir l’égalité des genres et lutter contre les discriminations à l’égard des femmes au Maroc. Consciente de l’importance de cette réforme de la Moudawana, pour laquelle elle et son association ont ardemment milité en tant que société civile, Mamouni a retracé pour Hespress FR l’évolution de la situation des femmes et de la Moudawana durant les 25 ans de règne de Mohammed VI.

2004 : Une réforme historique sous la pression de la société civile

Pour retracer le chemin du changement, la militante revient à 2004. Elle rappelle que le Roi Mohammed VI a intensifié le débat sur la Moudawana après son accession au trône. Cette même année, une réforme majeure a été adoptée, portant l’âge minimum du mariage pour les filles à 18 ans (en principe), partageant la responsabilité familiale entre les époux et rendant la polygamie et la répudiation quasi impossibles sans contrôle judiciaire.

« Cette réforme, fruit de six années de débats intenses entre traditionalistes et réformateurs, a été portée par le soutien du gouvernement socialiste et des organisations féministes, face à une forte opposition des traditionalistes. Elle a constitué une avancée significative, bien que des questions comme la polygamie et l’héritage restaient en suspens, » souligne l’avocate.

2004-2024 : Consolidation des acquis, nouvelles avancées et nouveaux défis

La question qui se pose alors : qu’a apporté la version de 2004 ? Mamouni explique que le code de la famille de 2004 a ouvert de nouvelles perspectives pour la condition des femmes marocaines.

Selon la présidente de Kif Mama Kif Baba, la Moudawana de 2004 a permis l’octroi du droit aux femmes mariées à des étrangers de transmettre la nationalité marocaine à leurs enfants (2005), l’inscription de l’égalité réelle dans la Constitution de 2011, l’accès des femmes à la profession d’adoul (2018) et la possibilité pour les Soulaliyat de revendiquer leur droit à l’héritage des terres collectives (2014).

Concernant la Constitution de 2011, qui a été un pilier de l’égalité, Mamouni estime qu’elle consacre l’égalité entre les hommes et les femmes dans divers domaines, qu’ils soient civils, politiques, économiques, sociaux, culturels ou environnementaux.

Cette avancée majeure, poursuit-elle, a permis d’inscrire l’égalité réelle comme principe fondamental dans la loi suprême du pays, de renforcer la protection des droits des femmes et d’aligner le droit national avec les engagements internationaux en matière de droits humains et d’égalité des sexes.

« L’évolution de la Moudawana depuis 1958 reflète l’engagement continu du Maroc en faveur de l’égalité des genres. Malgré ces avancées notables, la pleine réalisation de l’égalité des genres au Maroc demeure un objectif à atteindre. Des défis persistants, tels que les stéréotypes de genre, les inégalités économiques et les violences faites aux femmes, continuent d’entraver une véritable égalité« , relève notre interlocutrice.

Et d’ajouter : « L’édition de 2004 de la Moudawana est un jalon historique. Sous la direction du Roi Mohammed VI, le Maroc a franchi une étape décisive vers l’égalité des genres. Cette réforme a mis fin à des pratiques obsolètes, en augmentant l’âge légal du mariage à 18 ans, en restreignant la polygamie et en introduisant des mécanismes de protection pour les femmes en cas de divorce. Ces changements étaient nécessaires et attendus, mais nous ne devons pas oublier qu’ils n’ont été qu’un début. »

Malgré ces avancées, le chemin reste semé d’embûches, estime Mamouni, notant que les réformes de 2004 n’ont pas suffi à éradiquer les pratiques discriminatoires enracinées dans la société. Les résistances culturelles et politiques continuent d’entraver la pleine réalisation de ces droits.

« Nous constatons que, malgré la ratification de conventions internationales sur les droits des femmes et les déclarations constitutionnelles affirmant l’égalité, les femmes marocaines sont encore confrontées à des inégalités persistantes. Les engagements politiques doivent se traduire en actions concrètes sur le terrain, » estime-t-elle.

Ces défis nécessitent, selon la militante, des efforts soutenus pour garantir une égalité véritable et durable pour toutes les femmes marocaines.

« Conscient.e.s de ces défis, nous, à l’association Kif Mama Kif Baba, sommes déterminé.e.s à jouer notre rôle dans cette lutte. Nous nous investissons pleinement pour sensibiliser, éduquer et mobiliser autour des questions d’égalité des genres. À travers nos campagnes de sensibilisation, nos ateliers éducatifs et nos actions de plaidoyer, nous visons à déconstruire les stéréotypes de genre, réduire les inégalités économiques et combattre les violences faites aux femmes. Nous croyons fermement qu’avec une action collective et une volonté politique continue, une égalité réelle et effective pour toutes les femmes marocaines est à notre portée, » conclut Ghizlane, qui, à l’image de l’ensemble des Marocaines, place toute sa confiance en le Souverain pour réaliser ces revendications légitimes.