Elie Charles Moreau : J’ÉTAIS PAS À TOUBA, MAIS…

Il faudrait que nous n’oublions jamais que le Sénégal tient par deux piliers essentiels : l’un est cultuel, l’autre coutumier. L’ensemble repose sur un socle qui a nom : Culture ! C’est dire à quel point, le Chef de l’Etat, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et le Plus ministre, Monsieur Ousmane Sonko, n’auront fait rien d’original, voire de sensationnel, en allant rendre visite aux autorités de Touba, singulièrement, à l’heure de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké Xaadim Rassoul : ils ne seraient que dans une continuité, institutionnelle, et remontant aux aubes premières du Sénégal sous statut de République dite « indépendante ». Ainsi, ils ne seraient que dans la normalité, pourrait-on dire; surtout en retournant en pays de mémoire et en reconsidérant les relations étroites et presque de complices qui liaient Senghor à Mouhammad Fadilou Mbacké et Senghor à Serigne Ababacar Sy. Mais, aussi, celles qui unissaient le Président Abdou Diouf et Cheikh Abdoul Ahat Mbacké et celles liant Me Abdoulaye Wade à Cheikh Saliou Mbacké. C’est dire à quel point, la visite du Pr et du Pm ne doivent être, et surtout pas, objet et sujet d’amalgames et malentendus. Ce déplacement, comme inscrit dans quelque fil de jours à célébrer, ne serait qu’en place d’excellence dans un agenda républicain.

C’est un temps et un lieu de rappel de ce qui nous unit, malgré nos différences et divergences et surtout grâce à elles : des temps et autant de lieux pour confirmer, pour conforter et consolider cette évidence qui doit, en chacune et en chacun de nous, être un viatique et un parchemin : que nous sommes une nation et un peuple de cousins et de voisins, avant de devoir être socialistes ou libéraux, situationnistes ou cocos, etc. Surtout que, après Touba, il y aura Tivaouane et puis Diassane et Médina Baye. Et puis Ngor, Yoff et Cambérène, le Dàka et tellement d’autres rendez-vous religieux primordiaux au Sénégal ! C’est redire, l’un ne pouvant aller sans l’autre, après le Rappel, le Discernement. Et, illico, l’on tombe sur une double injonction, une leçon double, contenue en tous les trois livres de divine révélation : l’impératif à avoir les yeux ouverts et à devoir, sans cesse, faire la part des choses en cours en La Cité ! Ce n’est pas parce que le Président de la République et le Premier ministre, respectivement, sont allés à Toubab, qu’on dénaturerait quelqu’objet du « Jub. Jubël. Jubbënti » ou serait en quelque velléité de revoir et d’occulter, voire d’abroger, les consignes qui sont le corps et l’âme du « Projet ».


« La révolution n’exclut pas le bien-être », eût argué « le Ché », en réponse à quelqu’un qui lui reprochait son goût quasi-immodéré des cigares de Havane. Ce n’est pas parce qu’ils s’ouvrent à celles et ceux-là qui ne sont pas « de Pastef-Sénégal » encore moins de la « Coalition Diomaye-Président » que le Président de la République et le Premier ministre seraient en intention (s) de fragiliser le Parti, ses objets et objectifs. Ce n’est pas parce qu’ils s’ouvrent « aux autres » qu’ils se pavent les voies de « l’enfer » !
La transhumance n’est plus de saison et les agents en manipulation et experts ou génies en infiltration devront revoir leurs copies et trucs et astuces d’imposteurs ! Parce des millions et millions de citoyennes et citoyens, pas forcément « Patriotes », mais sénégalais, avant tout, froidement, veillent et sur-veillent les touts et les riens que doivent braver, avec art et manière, de façon « systémique », nous dit-on, un régime qui a pris le pari de changer l’ordre qui, depuis 64 ans, a prévalu; c’est à dire faire se muer le Sénégal de « vache à lait » à immense creuset d’ors et trésors infinis ! Pour ce faire, il est encore question de sérénité et de patience ! Pas de chasses aux sorcières mais de redditions de comptes et mécomptes ! De verdicts à revoir et de vérités à rétablir ! D’autant qu’ils reviennent de nuits terribles et terrifiantes, ceux-là qui sont en Suprême Magistrature et nous doivent, à jamais, extraire de tout ce qui a coloration de ruines, de tout acte que réfutent l’éthique et la liberté. Et de toutes les servilités ! Eh, là ! Revenons à nos mots et tons ! Qui, encore, a parlé de « Souveraineté (s) ?… (…..)


Elie Charles Moreau