Introduction de l’anglais et généralisation des langues nationales à l’élémentaire : le pari du ministère…

De nouvelles réformes sont en cours dans le secteur de l’éducation au Sénégal, visant à intégrer l’anglais et à généraliser les langues nationales dans l’enseignement élémentaire. Bien que ces décisions soient bien accueillies par les acteurs de l’éducation, ils soulignent la nécessité de conditions préalables, notamment en matière de formation des enseignants.

L’anglais, langue largement utilisée à l’échelle mondiale, est devenu essentiel dans de nombreux domaines, tels que l’informatique, l’aviation et le tourisme. À cet égard, le Sénégal prévoit d’enseigner l’anglais dès la prochaine rentrée scolaire, notamment en CM1 et CM2. Cette initiative a été confirmée lors d’une réunion interministérielle le 19 septembre. Le Premier ministre a insisté sur l’importance d’une feuille de route réaliste pour garantir un accès équitable à tous les apprenants et une adéquation avec les besoins du marché du travail.

Les acteurs de l’éducation, tout en se félicitant de l’introduction de l’anglais, insistent sur le fait qu’une formation adéquate des enseignants est essentielle. Selon un communiqué du SAEMSS et du CUSEMS, seuls 4 % des enseignants de l’élémentaire disposent d’un niveau suffisant en anglais, ce qui souligne l’urgence d’une formation en ligne pour élargir le nombre de formés avant le déploiement du projet.

Khalifa Sarr, médiateur pédagogique, partage ce point de vue. Il insiste sur l’importance de la formation continue des enseignants, de l’équilibre des contenus pédagogiques, et de l’édition de manuels adaptés.

Actuellement, le français reste la langue principale de l’enseignement, et la question de l’intégration des langues nationales demeure cruciale. Le gouvernement prévoit de généraliser l’usage des langues nationales dans l’éducation, soulignant leur rôle en tant que patrimoine culturel. Moustapha Guirassy, ministre de l’Éducation, a déclaré que ces langues peuvent renforcer l’alphabétisation et l’identité culturelle, favorisant ainsi le progrès et la citoyenneté active.

Khalifa Sarr estime que l’apprentissage des langues maternelles dès le plus jeune âge améliorera les résultats scolaires et la qualité de l’enseignement. Il souligne que cette approche répond aux réalités socio-psychologiques des enfants, rendant l’enseignement plus pertinent et adapté à leurs besoins.

Face aux nombreux défis du système éducatif sénégalais, ces réformes visent à opérer un changement significatif et à garantir une éducation de qualité pour tous.