Encore un cri du cœur : pourquoi nous mettons le FMI au centre de nos préoccupations ?

Pourquoi devons-nous persister dans cette malheureuse situation ? Le Premier ministre Ousmane Sonko, sur autorisation et aval du Président Diomaye, nous a présenté le résultat de l’état des lieux qu’ils ont réalisé durant ces six mois de gouvernance, ce qui est tout à fait normal. Que ceux qui ont géré le pays fassent de même pour instaurer un débat serein et responsable, afin d’aboutir à un nouveau départ dans l’intérêt de ce pays, plutôt que de mettre le FMI au centre de nos discussions, ce qui est déjà un échec pour tous.
Il faut avoir conscience qu’aucun bailleur ni aucun pays ne tournera le dos au Sénégal en raison de notre situation géographique, de nos ressources minières, de notre passé et de la qualité de nos ressources humaines. Un nouveau départ est possible : nous pouvons continuer à rembourser notre dette et à nous endetter davantage pour des investissements productifs, à condition de bien définir nos priorités, le tout étant conduit par une gestion vertueuse de nos deniers.
Nous pouvons revisiter tous nos contrats, car cela fait partie des choses normales ; aucun contrat n’est irrévocable. Mais il faut le faire avec nos experts et les cabinets juridiques spécialisés, et nous en avons. Alors que notre secteur privé agonise, que notre campagne agricole risque d’être désastreuse, et que les jeunes, désespérés, prennent la mer, nous restons sous le joug de politiciens qui s’affrontent pour des positions de pouvoir. Beaucoup, comme moi, souffrent et peinent à trouver les mots pour exprimer les sentiments qui les étouffent.
Que personne ne vienne nous dire qu’un nouveau départ n’est pas possible. La question est de savoir comment l’aborder et avec qui. Pour ma part, je réponds avec un peuple réconcilié, conscient de la situation, qui se mobilise pour relever les défis qui nous interpellent, dans le respect et la gestion de l’intérêt général et de nos institutions.

le ministre Tierno Lo President du parti APD.