Marché Sandika: L’orange, reine de la saison (2/3)

0

Pikine : Le marché Sandika en pleine effervescence autour des oranges de saison

Le marché Sandika de Pikine, un quartier animé de Dakar, vit au rythme des fruits de saison, avec les oranges en tête des étals depuis novembre. Après les mangues, pastèques, madd et melons, c’est désormais l’orange qui domine ce marché, soutenue par un approvisionnement en provenance de la Casamance, qui déverse chaque semaine des tonnes de ces agrumes juteux. Fournisseurs, détaillants, manœuvres et transporteurs se donnent à fond pour alimenter la capitale et profiter des retombées économiques de ce fruit saisonnier.

Une effervescence matinale au marché Sandika

Il est 10 heures du matin, ce mercredi 26 février, et le marché Sandika est déjà en pleine activité. Les allées sont bondées, les machines bourdonnent, et l’atmosphère est électrique. Des camions en provenance de la Casamance déchargent des tonnes d’oranges tandis que des motos tricycles et des charrettes se pressent à l’entrée pour se charger de la marchandise. L’air est frais, mais la poussière soulevée par le marché, notamment celle des piments, peut être désagréable pour les sens, déjouant ainsi la tentation de respirer pleinement l’arôme des agrumes.

Les étals du marché sont encombrés d’oranges à perte de vue, une scène typique des marchés sénégalais, où les fruits cohabitent avec des déchets et des ordures. Mais l’orange reste la star de cette période, avec des prix variant selon les modes de vente. Le rabatteur Boucounta Diallo, présent chaque matin, supervise les entrées et sorties des camions et des motos-tricycles, remplis de sacs d’oranges destinés aux différents quartiers de Dakar.

Des acteurs économiques autour du marché de l’orange

Les oranges proviennent principalement de la Basse Casamance, et cette activité profite à une économie locale bien huilée. Les fournisseurs, communément appelés « Baana-baana », approvisionnent le marché, et une fois les oranges déchargées, elles sont réparties entre revendeurs et transporteurs. Ces derniers acheminent les fruits à travers Dakar et ses environs. Les sacs d’oranges coûtent environ 30.000 FCFA, tandis que les cartons sont à 5.000 FCFA l’unité.

Un acteur important du marché, Mouhamed Diop, témoigne : « Ces commandes partent principalement pour Diamniadio. Chaque client doit payer 2.000 FCFA pour la livraison », confie-t-il. Pour Boucounta Diallo, la vente d’oranges est une activité lucrative en cette saison, mais il remarque que la quantité d’oranges a diminué cette année par rapport aux années précédentes, avec l’arrivée des mangues sur les étals.

Le marché de l’orange : une économie en pleine effervescence

Au cœur du marché, plusieurs camions gros porteurs se déchargent en même temps, et des dizaines de manœuvres s’activent. Baye Laye, l’un de ces travailleurs, explique : « Je gagne 500 FCFA pour chaque sac rempli d’oranges. Si je porte le sac jusqu’à la voiture du client, je peux gagner jusqu’à 1.000 FCFA », dit-il, ravi de ses gains en cette période favorable.

Pour Ngagne Thiaw, un autre acteur majeur du marché, la situation reste prometteuse malgré la réduction de la quantité de fruits. Il explique : « Chaque camion contient environ 250 sacs d’oranges, et chaque sac est vendu entre 27.000 et 30.000 FCFA. Cela rapporte entre 6 et 7 millions FCFA par camion. C’est une économie complète, où chaque acteur, du camionneur au revendeur, en passant par les manœuvres, y trouve son compte. »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *