RÉCUPÉRATION DES BIENS DE L’ETAT : La Sogepa déclenche une vaste offensive
L’affaire des villas de la Cité Fayçal n’est que la face visible de l’iceberg. Selon nos informations, la Société de gestion et d’exploitation du patrimoine bâti de l’Etat (Sogepa) a lancé une vaste offensive pour récupérer 54 villas appartenant à l’Etat et cédées sous forme de baux emphytéotiques.
L a Sogepa a sommé 40 occupants de villas, appartenant à l’Etat et situées à la Cité Fayçal, de libérer les lieux.
Contrairement à certaines informations, ces villas n’ont jamais fait l’objet de cession. Que s’est‐il passé ? Pour la petite histoire, la Cité Fayçal avait été construite dans les années 90 par le milliardaire Djily Mbaye en marge du sommet de l’Oci. Par la suite, il a cédé 46 de ces villas à l’Etat.
Dans ce lot, deux villas ont été données comme logements de fonction aux représentants de
la Coopération sénégalo‐bissau‐guinéenne et de la Banque islamique de développement (Bid). Quatre autres villas servent aussi de logements de fonction à deux adjoints du gouverneur de Dakar et aux préfets de Guédiawaye et Pikine.
Les quarante autres logements restant étaient occupés par des agents de l’Etat, des professeurs d’université, des ministres, des magistrats etc.
En 2000, à la faveur de l’alter‐ nance, certains occupants, qui gravitaient autour du cercle po‐ litique, avaient demandé à Me Abdoulaye Wade leur céder les 40 villas. Après un accord ve bal, Me Wade avait saisi, par lettre, Abdoulaye Diop alors ministre des Finances. Mais, avec Abdoulaye Diop connu comme étant une forte tête, avait refusé d’exécuter cette instruction écrite d’autant que la vente des biens de l’Etat devait être autorisée par une loi.
En l’espèce, cette vente, même autorisée, devait être portée par la Direction du Patrimoine bâti de l’Etat, l’ancêtre de la Sogepa. Ainsi, cette lettre n’a
connu aucune suite. A l’arrivée de Macky Sall au
pouvoir, une alternative a été trouvée face à cet écueil juridique. Les occupants des 40 villas ont bénéficié de baux emphytéotiques de 99 ans
avec des loyers très symboliques variant entre 60 et 80.000 Fcfa. En soit, les contrats de bail étaient illégaux et pour cause. Selon les textes, le contrat de bail emphytéotique doit être d’une durée de 30 ans prorogeable dans la limite de 20 ans et renouvelable dans cette même durée. Mais
dans ce cas précis, les «locataires » ont bénéficié d’office de baux de 99 ans avec interdiction de procéder à des modifications
des villas.
A la suite d’un audit du patrimoine bâti de l’Etat à Dakar, la Sogepa a établi que l’Etat, malgré tous ses biens, payait annuellement 2 milliards de Fcfa à des privés pour loger ses fonctionnaires. Pendant ce temps, il n’encaisse que 60 millions par an pour ses villas qu’il donne en location. La Sogepa compte ainsi récupé‐ rer ces biens de l’Etat et y loger les fonctionnaires. L’audit a ainsi
conduit à la résiliation de 54 baux situés à la Cité Fayçal, à Mermoz, au Point‐E et à Fann Résidence.
