ADEPME-PACE : Quand le ministère de la Communication tente de s’approprier un programme qu’il n’a ni conçu ni financé

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Un programme de soutien à la presse initié par l’ADEPME… pas par le ministère

Le samedi 3 mai 2025, à la Maison de la Presse, l’ADEPME poursuivait sereinement le déploiement de son programme d’accompagnement des entreprises de presse, dans le cadre du PACE (Programme d’Appui à la Compétitivité et à l’Emploi). Un programme structuré, financé par des partenaires internationaux tels que la Banque mondiale et la BAD, et mis en œuvre sans tapage médiatique.

Mais à la veille de cette présentation, une intervention inopinée a détourné l’attention : le ministère de la Communication, par la voix de son directeur, s’est autoproclamé instigateur du projet, dans une mise en scène pour le moins maladroite. Pourtant, ce ministère n’a ni financé, ni conçu, ni encadré ce programme d’appui aux médias. Aucun apport stratégique, aucune mission d’expertise, aucune subvention directe.

ADEPME : un acteur engagé, loin des projecteurs

Depuis des années, l’ADEPME travaille au service des PME et des secteurs en mutation. Plus de 5 000 entreprises accompagnées à travers le pays : industrie, agroalimentaire, TIC, sport, artisanat, culture… Diagnostics, formalisation, accès au financement, renforcement des capacités : tout est mené avec rigueur, discrétion et impact.

Pour les 12 entreprises de presse récemment sélectionnées dans le cadre du PACE Presse, les équipes de l’ADEPME ont travaillé avec deux cabinets d’experts pour assurer un appui ciblé et pertinent. Aucun spot publicitaire, aucun ministre pour couper un ruban. L’efficacité a parlé, pas la communication.

Une récupération politique au goût amer

Le 2 mai, pourtant, le ministère de la Communication s’est soudainement réveillé. Sans avoir contribué au programme, il a apposé son logo sur les supports officiels, convoqué les médias, et orchestré une opération de récupération médiatique. L’objectif ? Capitaliser sur une initiative réussie pour redorer une image institutionnelle écornée.

Cette mise en scène, perçue comme une tentative de manipulation politique, contraste violemment avec la réalité : le seul financement de l’État dans ce programme concerne le fonctionnement administratif de l’ADEPME (salaires, loyers, électricité). Le reste vient des bailleurs internationaux.

Détournement de mérite : une pratique dangereuse

La vérité est simple : le ministère n’a pas été partie prenante. Pourtant, à coup d’annonces sur les réseaux sociaux et de cérémonies officielles, il tente de vendre l’illusion d’un programme ministériel. Cette usurpation de mérite nuit non seulement à la crédibilité du gouvernement, mais surtout à l’écosystème médiatique, déjà fragilisé.

Il ne s’agit pas simplement d’une erreur de communication, mais d’un effacement volontaire des vrais acteurs du développement économique des médias. Une stratégie de façade, dans un contexte où la démocratie a besoin de transparence, pas de confusion.

Une presse indépendante ne se construit pas sur la récupération

Les médias ont besoin de fonds pour garantir leur indépendance, pas pour acheter leur silence. Le programme PACE-Presse a pour ambition de restructurer économiquement les entreprises de presse, de renforcer leurs capacités, et de soutenir l’innovation dans un secteur en crise. Ce n’est ni un décor pour ministres en quête de visibilité, ni un outil de propagande.

L’enjeu est bien plus grand : il s’agit de sauver des journalistes en difficulté, de repenser les business models des médias, et de renforcer un pilier essentiel de toute démocratie : la liberté de la presse.

Rétablir la vérité : un impératif éthique

Ce que tente de vendre le ministère de la Communication n’est pas un partenariat, mais une fiction : celle d’un État omniprésent, mécène unique du secteur médiatique. En réalité, c’est un camouflage politique, un relooking d’urgence, sans substance. Le vrai travail appartient à l’ADEPME et à ses partenaires techniques.

l’action, pas l’illusion

Il est temps que chaque institution reste dans son périmètre de compétence. Soutenir la presse, ce n’est pas poser pour la photo, mais construire sur le terrain. Ce n’est pas revendiquer ce que l’on n’a pas fait, mais valoriser ce qui a été réellement accompli. Le mérite ne s’improvise pas : il se constate, se mesure, et se respecte.

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