Mali : mobilisation prodémocratie en pleine rue face à la junte, tensions en hausse à Bamako
Une nouvelle phase de contestation s’ouvre au Mali, cette fois en plein cœur de Bamako, sur une place emblématique de la lutte populaire. À l’appel des forces politiques prodémocratie, le rassemblement prévu pour vendredi marque une montée en puissance du mouvement citoyen, dans un contexte de tension croissante avec les autorités de transition dirigées par les militaires.
Un rassemblement stratégique face aux autorités de transition
Contrairement aux précédentes tentatives organisées dans des lieux clos comme le Palais de la culture, cette manifestation se tiendra en extérieur. Pour les organisateurs, il s’agit de démontrer leur capacité de mobilisation populaire.
« Nous montons d’un cran pour prouver que le peuple malien n’a pas renoncé à son destin », affirme un chef de parti, qui confirme avoir pris contact avec des figures religieuses, traditionnelles et de la société civile pour élargir le front.
L’initiative est également vue comme un test politique, tant pour les opposants que pour les autorités militaires en place. Un dirigeant d’un grand parti prévient toutefois : « Il ne faut pas tomber dans le piège de la violence. L’unité des partis est essentielle, tout comme la légalité de notre action. »
Un rassemblement probablement interdit, mais des plans B prêts
La probabilité d’une interdiction du rassemblement est forte, au vu des précédents récents :
- Samedi et dimanche derniers, deux événements ont été empêchés ou perturbés,
- Des militants pro-junte, dont un membre du Conseil national de transition, ont été accusés d’avoir agressé des journalistes lors d’un meeting à la Maison de la presse.
Face à cela, les partis prodémocratie assurent avoir préparé des alternatives légales :
« Si le rassemblement est interdit, nous l’annulerons. Nous ne tomberons pas dans leur piège. »
Plainte annoncée contre les proches du pouvoir
À la suite des violences, les partis annoncent leur intention de saisir la justice contre plusieurs personnalités officielles, et de demander leur révocation administrative. Un communiqué de la Maison de la presse a dénoncé les agressions physiques et verbales subies par des journalistes, appelant à des sanctions immédiates.
Menaces sur les libertés politiques au Mali
Outre la répression des manifestations, de nouvelles menaces planent sur les libertés démocratiques au Mali. Des sources proches de l’opposition craignent une suspension des activités politiques, comme cela avait été le cas en 2024 durant trois mois.
Pour l’heure, aucune annonce officielle n’a été faite, mais la prudence domine chez les leaders prodémocratie :
« Nous surveillerons attentivement le journal de l’ORTM et le conseil des ministres de mercredi », confie un opposant influent.

