Rapport 2024 de la Cour des comptes : Lansar Auto au cœur d’un versement suspect de 16,57 milliards FCFA
Le rapport 2019-2024 de la Cour des comptes du Sénégal met en lumière de nouvelles irrégularités dans la gestion des finances publiques, et l’affaire Lansar Auto en devient l’un des points les plus controversés. Selon L’Observateur, cette entreprise spécialisée dans la location de véhicules a perçu 16,57 milliards de FCFA, une somme colossale versée quelques jours seulement après l’élection présidentielle du 24 mars 2024.
Des certificats nominatifs d’obligation attribués en pleine période de transition
D’après les informations relayées, quatre certificats nominatifs d’obligation (CNO) ont été octroyés à Lansar Auto le 29 mars 2024, soit cinq jours après le scrutin présidentiel. Cette période de transition, censée être encadrée par une stricte gestion des affaires courantes, soulève de sérieuses interrogations sur l’opportunité et la légalité de cette transaction, dans l’attente de la prise de fonction du nouveau président Bassirou Diomaye Faye.
Un montant supérieur à celui détecté par la CENTIF
Alors que la CENTIF (Cellule nationale de traitement des informations financières) avait initialement évoqué une somme de 13,61 milliards de FCFA, le rapport révèle que le montant réel versé atteint 16,57 milliards, remettant en cause les justifications officielles présentées par l’administration sortante.
Justifications floues et absence de transparence
Les autorités justifient ce paiement comme étant le règlement de factures liées à la location de véhicules pour des événements officiels, sans toutefois fournir de détails précis sur les missions ou les bénéficiaires. Les documents comptables indiquent que ces véhicules auraient été utilisés pour le transport d’hôtes de l’État en mission au Sénégal durant les exercices budgétaires 2020 à 2023, pour des périodes allant jusqu’à 12 mois.
Une affaire qui relance le débat sur la gouvernance budgétaire
Ce nouvel épisode vient renforcer les critiques sur la transparence et la rigueur dans la gestion des finances publiques au Sénégal. La Cour des comptes alerte ainsi sur l’urgence d’instaurer un contrôle plus strict des dépenses publiques, notamment en période de transition politique.
