Aliou Kandji, ex-major de la gendarmerie, sous mandat d’arrêt : de nouveaux délits s’ajoutent à un lourd dossier
Aliou Kandji, ancien major de la gendarmerie à la retraite, est désormais poursuivi pour de nouveaux chefs d’accusation, après avoir été placé sous mandat d’arrêt par le juge du premier cabinet du tribunal de grande instance de Kaolack. Convoqué le vendredi 31 mai par la Sûreté urbaine (SU), il a été incarcéré en attendant son audition devant le juge.
Outrage à magistrat, diffusion de fausses nouvelles, et autres délits
Les nouvelles charges retenues contre lui incluent :
- Outrage à magistrat,
- Outrage à un commandant de force publique,
- Diffusion de fausses nouvelles.
Ces délits viennent s’ajouter à ceux déjà en cours d’instruction, à savoir :
- Association de malfaiteurs,
- Escroquerie,
- Faux et usage de faux.
Selon le quotidien Libération, cette affaire complexe remonte à 2018, lorsqu’un certain Mamadou Moustapha Sarr, agissant au nom de Kandji, avait proposé à l’entrepreneur Mansour Sy l’achat de terrains à usage commercial situés à Kaolack, dans une zone du chemin de fer. Après visite, Kandji a confirmé la transaction, fixée à 28 millions FCFA, et un acompte de 2 millions FCFA a été versé à Sarr.
Des actes non conformes à la loi
Cependant, au lieu d’un acte de cession, Sy a reçu de simples conventions de location signées par Kandji. L’enquête du Service régional de l’urbanisme de Kaolack révélera que les terrains sont situés sur le TF 1267/KL, classé en « Boulevard du Cœur de Ville », une dépendance du domaine public inaliénable selon l’article 9 de la loi 76-66 du 2 juillet 1976. Aucune autorisation de construire n’était donc possible sur ce site.
Remboursements partiels, refus de coopérer et menaces armées
Face à ces irrégularités, deux autres mis en cause — Moustapha Guèye et Mamadou Moustapha Sarr — ont remboursé 14 millions FCFA à la victime. Kandji, quant à lui, a refusé de rembourser, arguant avoir agi « au nom de l’État » et estimant que c’était à la victime de se retourner contre l’administration. Pourtant, aucune trace des fonds encaissés n’a été retrouvée dans les caisses publiques.
En novembre 2022, le Procureur de la République de Kaolack, Cheikh Dieng, avait ordonné la convocation de Kandji. Ce dernier a refusé de déférer, déclarant que « s’il est arrêté, c’est l’État du Sénégal qui est arrêté ». Il a ensuite menacé les agents venus l’interpeller, se retranchant dans une pièce avec ses enfants et petits-enfants, affirmant être armé et prêt à s’en servir.
Une arrestation avortée et une tentative de médiation
Face à la menace, les policiers de la SU ont renoncé à l’arrestation immédiate. Par la suite, un intermédiaire de l’ancien régime a versé 15 millions FCFA à la victime au nom de Kandji, sur les 28 millions en litige.
Les accusations d’outrage et de diffusion de fausses nouvelles ont été ajoutées après que Kandji a tenu publiquement des propos accusant le commissaire de Kaolack, les agents de la SU et les magistrats de faire partie du parti politique Pastef, dans une tentative de discrédit.
