OUSMANE SONKO N’A DE LEÇON À DONNER À PERSONNE
Le 29 août 2016, le « Décret portant révocation sans suspension des droits à pension d’un fonctionnaire » stipule en son article premier que « Monsieur Ousmane Sonko, Inspecteur des impôts et des Domaines principal de 2e classe 2e échelon (…) est révoqué sans suspension des droits à pension pour manquement à l’obligation de discrétion professionnelle prévue à l’article 14 de la loi n°61-33 du 15 juin 1961 ». L’alinéa 1 dudit article est on ne peut plus claire puisqu’« indépendamment des règles instituées dans le Code pénal en matière de secret professionnel, tout fonctionnaire est lié par l’obligation de discrétion professionnelle pour tout ce qui concerne les documents, les faits et informations dont il a connaissance dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions ». À son actif et à sa décharge, le législateur fait interpréter la disposition explicite par différents codes dont le Code général des impôts et des domaines auquel le fonctionnaire révoqué était tenu de se conformer dans l’exercice de ses fonctions. Que dit le Code ? En son alinéa 1 l’article 601 du Code général des Impôts et domaines fait savoir expressément que « sous réserve de l’obligation qui leur est imposée par le Code de procédure pénale, les agents des Impôts et des domaines intervenant dans l’assiette, la liquidation, le contrôle ou le recouvrement des impôts, droits, taxes et redevances, sont tenus, dans les termes de l’article 363 du Code Pénal, de garder secrets les renseignements de quelque nature qu’ils soient, recueillis dans l’exercice de leur fonction ». Ce n’est que « lorsqu’une plainte régulière a été portée par l’Administration contre un assujetti et qu’une information a été ouverte, [que] les agents des Impôts et domaines sont déliés du secret professionnel, vis-à-vis du juge d’instruction qui les interroge sur les faits faisant l’objet de la plainte ».
À supposer que le révoqué ne s’était pas imprégné de tout ce qui est dit plus haut, Ousmane Sonko aggrave son cas à la parution de son livre intitulé « Solutions : Pour un Sénégal nouveau » (Compte d’auteur, 2018) dans lequel (Chapitre II), il dit accueillir sa « radiation » avec « soulagement car, écrit-il, j’avais moi-même entrepris le projet de sortir de l’Administration qui, après quinze ans (…) devenait une contrainte pesante pour mes activités politiques, du fait du corset de sujétions ».
Celui aurait dû démissionner, préféra une première opération transgressive grâce à laquelle il accéléra son ascension dans un contexte où le calme plat céda la place à la surenchère politique correspondant, en quelque sorte, à une demande d’agitation démocratique par l’opinion à quelques mois de l’élection présidentielle de février 2019.
Ousmane Sonko doit son retour dans l’administration à sa nomination au poste de Premier ministre par le président élu le 24 mars 2024 Bassirou Diomaye Diakhar Faye.
Il n’a de leçon à donner à personne. Son passé dans la Fonction publique n’inspire aucun serviteur de l’État sous aucun régime politique.
