Procès de Moustapha Diakhaté : Trois mois de prison requis pour offense au chef de l’État
Dakar, 2 juillet 2025 – L’ancien président du groupe parlementaire de Benno Bokk Yakaar, Moustapha Diakhaté, risque trois mois de prison ferme assortis d’une amende de 200 000 FCFA. C’est la peine requise par le parquet, en attendant le verdict du tribunal de Dakar ce mercredi 2 juillet.
Arrestation et motifs des poursuites
Arrêté le 10 juin 2025, Moustapha Diakhaté a été placé sous mandat de dépôt avant d’être jugé le 18 juin. Il est poursuivi pour « offense au chef de l’État » et « offense à une personne exerçant une partie des prérogatives du président de la République ».
Les poursuites découlent de propos tenus publiquement, dans lesquels il aurait qualifié les autorités de l’État de « gougnafiers ». Selon lui, cette sortie faisait suite à une violation du protocole républicain : il dénonçait notamment la posture informelle du Président Bassirou Diomaye Faye, du Premier ministre Ousmane Sonko et du président de l’Assemblée nationale, aperçus marchant côte à côte dans un contexte officiel.
Une défense fondée sur l’esprit républicain
Lors de son audition, Moustapha Diakhaté a justifié ses propos en invoquant son attachement aux principes républicains :
« Je n’ai fait que chanter l’hymne de la République, pour qu’on ne la colassardisse pas », a-t-il déclaré devant les juges.
« Un gougnafier, c’est quelqu’un qui ignore ce qu’il fait. Un président peut se tromper, mais il faut lui accorder du respect. J’avais honte devant les policiers. Je ne pensais pas être poursuivi pour cela. »
Réaction du parquet et silence de l’accusé
Le parquet est resté ferme et a rappelé la définition du terme incriminé :
« Gougnafier signifie : bon à rien, rustre, goujat », a précisé le procureur.
Face à cette interprétation, Moustapha Diakhaté a choisi de garder le silence et a refusé de répondre aux questions supplémentaires posées par le tribunal.
Verdict attendu
Le verdict du procès est attendu dans la journée du mercredi 2 juillet 2025. Cette affaire suscite un vif débat sur la liberté d’expression, les limites de la critique politique, et le respect dû aux institutions de la République.
