Migration irrégulière : l’ONUDC forme les comités régionaux à Cap Skirring pour renforcer la lutte au Sénégal
Face à l’augmentation alarmante des départs irréguliers vers l’Europe, le Bureau des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) organise un atelier de renforcement des capacités du 9 au 11 juillet 2025 à Cap Skirring. Cet événement réunit les comités régionaux de lutte contre la migration irrégulière dans le but de consolider la réponse nationale.
Un contexte migratoire sous haute tension
Le Sénégal, pays d’origine, de transit et parfois de destination, fait face depuis plusieurs années à une crise migratoire persistante. Entre instabilité socio-économique, insécurité régionale et absence d’opportunités locales, les candidats à l’exil se multiplient, souvent au péril de leur vie.
Les côtes sénégalaises, notamment celles de Saint-Louis, Mbour ou Ziguinchor, sont devenues des points de départ majeurs vers les îles Canaries. La recrudescence des traversées clandestines depuis 2020 remet la question migratoire au cœur des préoccupations nationales.
Une réponse institutionnelle en renforcement
Pour répondre à ce phénomène, le Sénégal a multiplié les initiatives juridiques et institutionnelles. Parmi elles :
- La loi n°2005-06 contre la traite des personnes
- La création du CILMI en 2024 (Comité interministériel de Lutte contre la Migration Irrégulière), remplaçant le CILEC
- La Stratégie nationale de lutte contre la migration irrégulière, assortie d’un Plan d’action opérationnel (PAO)
- Des comités régionaux et départementaux, accompagnés de points focaux locaux pour la prévention et la sensibilisation
Ce dispositif est pensé pour agir à la fois sur la répression des réseaux criminels et la protection des personnes en mouvement, notamment les réfugiés et victimes de traite.
Cap Skirring 2025 : un atelier pour former et coordonner
Organisé par l’ONUDC, l’atelier de Cap Skirring vise à :
- Renforcer les compétences juridiques et opérationnelles des membres des comités régionaux
- Promouvoir l’Approche Basée sur la Route, une méthode innovante de gestion des flux migratoires
- Partager les bonnes pratiques locales en matière de prévention et d’accompagnement
- Favoriser la coordination interinstitutionnelle entre acteurs locaux, nationaux et internationaux
« Pour rendre la lutte contre la migration irrégulière plus efficace, humaine et durable, il est essentiel d’adapter les réponses aux réalités du terrain », souligne un représentant de l’ONUDC.
Une démarche pour une migration plus sûre et encadrée
Au-delà de la répression, l’atelier met l’accent sur la protection des droits fondamentaux des migrants et sur l’importance de créer des alternatives durables à l’exil, notamment à travers l’emploi local, la formation professionnelle et l’accès à l’information.
La prise en compte des suggestions des acteurs de terrain – collectivités, ONG, autorités locales – est au cœur de cette dynamique participative, qui vise à construire une réponse nationale cohérente, humaine et résiliente face à la crise migratoire.
