Fin officielle des Éléments français au Sénégal : un siècle de présence militaire française prend fin à Ouakam
Dakar, 17 juillet 2025 – Une page historique des relations militaires franco-sénégalaises s’est tournée ce jeudi avec la restitution officielle des bases des Éléments français au Sénégal (EFS). La cérémonie solennelle s’est tenue au camp Geille de Ouakam, en présence du général de corps d’armée Mbaye Cissé, chef d’état-major général des armées sénégalaises, et du général de division Pascal Ianni, commandant des forces françaises pour l’Afrique.
Un tournant historique dans la coopération militaire France-Sénégal
La cérémonie, ponctuée d’une prise d’armes et de discours institutionnels, marque la fin de la présence militaire française permanente au Sénégal, dans le cadre d’un retrait plus large des forces françaises en Afrique de l’Ouest et centrale, déjà amorcé au Tchad, en Côte d’Ivoire et au Gabon.
Dans son intervention, le général Pascal Ianni est revenu sur un siècle de coopération militaire, en soulignant le rôle stratégique et symbolique du camp Geille, fondé en 1920 :
« Ce camp a traversé les grandes étapes de notre histoire commune, de l’aéropostale aux Forces françaises du Cap-Vert, en passant par les bataillons coloniaux devenus unités d’infanterie de marine en 1958 », a-t-il déclaré.
Des Éléments français au Sénégal au service de la coopération régionale
Créés en 2011, les EFS avaient pour mission principale de soutenir la formation et l’entraînement des forces armées du Sénégal et de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Le général Ianni a salué l’intégration des EFS dans le tissu local sénégalais, soulignant leur engagement discret mais constant aux côtés des populations.
« Les EFS n’ont pas été qu’une présence militaire. Ils ont incarné des liens humains, culturels et sociaux, portés par l’esprit de la Teranga sénégalaise. »
Un nouveau modèle de partenariat basé sur la souveraineté
Le transfert du camp Geille s’inscrit dans une réorientation stratégique des relations entre la France et l’Afrique, axée sur :
- le respect de la souveraineté des États africains,
- la fin des implantations militaires permanentes,
- une coopération plus souple, ciblée et équitable.
« Ce changement structurel ne remet pas en cause les sacrifices du passé. Il invite simplement à réinventer notre partenariat avec une Afrique jeune, ambitieuse et souveraine », a affirmé le général Ianni.
Il a conclu en rendant hommage aux militaires sénégalais et français ayant œuvré ensemble, et en appelant à bâtir un partenariat stratégique repensé, au service de la stabilité régionale, du développement durable et du respect mutuel.
