Sous-évaluation de la dette : quand le jeu politique prend le pas sur la vérité technique

0
53225220-40351531

Ce que nous avons vu dans l’entretien de la journaliste de RFI avec le représentant du FMI illustre parfaitement le décalage entre la recherche du sensationnel et la rigueur que requièrent les questions économiques.
Alors que le responsable du FMI, dans un langage mesuré et professionnel, parle de “sous-évaluation de la dette”, la journaliste s’emploie à le pousser vers des termes chargés politiquement comme “dette cachée”, “dette énorme” ou encore la comparaison avec le Mozambique.
Mais le FMI n’est pas un acteur politique. Il parle le langage de la gouvernance et des équilibres macroéconomiques. Il a clairement rappelé que c’est au Conseil d’administration d’examiner la situation et de proposer les voies d’une sortie de crise durable — sans jugement moral ni excès de langage.

J’avais, dès le début, attiré l’attention sur cette réalité.
J’avais dit que ce que certains appellent “dette cachée” n’est rien d’autre qu’une dette sous-évaluée, une pratique connue et maîtrisée dans la gestion financière publique.
Tous les hauts fonctionnaires du ministère des Finances le savaient, mais ne pouvaient, par devoir de réserve, s’exprimer sur un sujet que d’autres tentaient de politiser.
Il ne s’agit pas d’un scandale, mais d’une question de méthode : certains engagements, garanties ou passifs ne sont pas toujours intégrés immédiatement dans le calcul de la dette globale, afin de conserver de meilleurs ratios d’endettement et d’accès aux marchés.
Cela n’a rien à voir avec un détournement. La dette est bien là, comptabilisée, connue, et désormais assumée dans un cadre de transparence.

Les nouvelles autorités ont eu la bonne démarche : informer clairement les bailleurs et l’opinion de la situation réelle.
Mais au lieu de saluer cet effort de sincérité, une partie du débat public a préféré les procès d’intention et les raccourcis politiques.
Pourtant, la vérité est simple : le Sénégal n’a pas découvert une dette cachée, il a simplement corrigé une dette sous-évaluée.

J’avais raison, dès le début, de le dire.
Et je comprends les fonctionnaires qui, eux, savaient mais ne pouvaient parler.
Le FMI vient d’en apporter la confirmation, en employant le mot juste “sous-évaluation” et non les termes approximatifs qu’on tente d’imposer au débat.
Mais, comme souvent, au Sénégal, on joue et on sait qu’on joue.
Et pendant que les uns s’agitent dans la mise en scène, d’autres, plus discrets, continuent à préserver la crédibilité du pays.

Ministre Thierno Lo
Un Républicain libre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *