Ce n’est plus une affaire PRODAC, c’est une affaire d’État : l’État doit parler vrai

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Je réclame un peu de respect.
En lisant la sortie de Pape Malick Ndour, qui affirme n’avoir jamais été gestionnaire au PRODAC et qu’au moment du rapport il était économiste au ministère des Finances, tout en servant de secrétaire de séance aux réunions hebdomadaires de coordination auprès de l’actuel ministre des Finances, Cheikh Diba, alors même que le Premier ministre le cite nommément dans un rapport qu’il dit détenir, on ne peut qu’être interpellé.
Cette contradiction est troublante.
Et elle l’est d’autant plus que le Premier ministre a précisé que la convocation de M. Ndour s’inscrivait dans le cadre du dossier PRODAC.

C’est pourquoi je réclame respect — non pas pour des personnes, mais pour nos fonds publics et la crédibilité de notre administration.

En 2016 déjà, lors du Forum national sur l’administration à Diamniadio, dans ma contribution intitulée « Fertilisons la réflexion », je dénonçais ces séminaires, ateliers, fora, assises et états généraux qui se sont succédé pendant des décennies sans jamais évaluer sérieusement le degré d’exécution des décisions qui en étaient issues.
Je proposais qu’on confie cette étude à un jeune étudiant, afin d’en tirer une leçon nationale.
Ce travail devait inclure les mesures prises en Conseil des ministres, les lois sans décrets d’application, les arrêtés jamais appliqués.
Bref, il s’agissait d’aller au-delà des constats, pour comprendre les raisons profondes des blocages et les failles structurelles de notre gouvernance.

Neuf ans après, je dois à la vérité de dire ma déception :
mon scepticisme d’alors reste tristement d’actualité.
Car plus grave encore, notre administration n’arrive pas à nous éclairer sur plusieurs dossiers sensibles dont celui du PRODAC, qui a déjà coûté politiquement cher à certains, et pourrait peser lourdement sur l’avenir du Premier ministre Ousmane Sonko s’il n’est pas traité avec clarté et vérité.

Nous avons vu un jeune ministre interpellé chez lui pour ce même dossier.
Nous avons entendu parler de rapports cachés, de dettes dissimulées, d’une Inspection générale d’État dont un rapport aurait disparu avant d’être « retrouvé » par le Premier ministre lui-même.
Celui-ci affirme avoir découvert dans le circuit un rapport de l’IGE et en avoir envoyé copie à celui qui devait en être le destinataire.
Mais alors, qui l’avait caché ? qui le détenait ? et dans quel but ?
Autant de questions légitimes auxquelles le peuple est en droit d’obtenir des réponses.

Il est temps que le Premier ministre rende public ce qu’il détient,
que Pape Malick Ndour dise exactement de quoi on l’accuse,
et que le ministère des Finances nous explique clairement ces dettes qui conditionnent nos discussions avec le FMI.

J’ai honte, oui, honte pour une administration qui semble perdre son âme, non pas par manque de compétences, mais par manque de droiture.
Nos institutions ne souffrent pas d’un déficit de cadres, mais d’animateurs loyaux à la République.
Beaucoup se sont écartés de l’orthodoxie administrative, manipulant les procédures pour satisfaire des intérêts politiques au détriment de la vérité et de la transparence.

Il faut que cela cesse.
Il faut que la politique sorte du ministère de l’Économie et des Finances, des agences et des établissements publics.
La République ne peut pas être administrée au gré des ambitions ou des calculs partisans.

Ministre Thierno Lo
Un Republicain Libre

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