Examen de la LFR2 : Régularisation budgétaire et assainissement comptable au menu
La Commission des Finances s’est penchée sur la Loi de Finances Rectificative n°2 pour 2025, un texte qui va au-delà d’un simple ajustement technique pour révéler les réalités de la gestion publique en cours d’année.
Un contexte économique moins porteur :
Le gouvernement révise ses perspectives à la lumière des performances du secteur des hydrocarbures. La croissance est ramenée de 8,8% à 7,8%, un recalage significatif qui affecte le cadre des recettes. Malgré cela, la trajectoire de réduction du déficit public (toujours à 7,82% du PIB) vers la norme communautaire de 3% d’ici à 2027 est réaffirmée.
L’essence de la loi : la ratification des décrets d’avance
Le cœur de cette LFR2 réside dans la ratification de 5 décrets d’avance, pour un montant substantiel de 213,4 milliards FCFA. Cela concerne des dépenses engagées sous le sceau de l’urgence pour des calamités, la défense et l’éducation. Parallèlement, le texte provisionne 56,8 milliards FCFA pour des engagements jugés « incompressibles », révélant des tensions persistantes sur les bourses étudiantes, la dette universitaire ou le fonctionnement des services urbains.
Les raisons structurelles derrière la rectification :
Le ministre Cheikh Diba a avancé deux justifications majeures :
- Une raison administrative : L’adaptation nécessaire du budget à la réorganisation de l’administration issue du décret du 6 septembre 2025, avec des transferts de crédits entre anciens et nouveaux ministères.
- Une raison comptable : La correction d’une irrégularité de 200 milliards FCFA liée au rattachement incorrect de recettes entre 2023 et 2024, un geste présenté comme un retour au strict respect des principes budgétaires.
Un point d’apaisement :
Interrogé sur le dossier sensible de la commercialisation de l’arachide, le gouvernement a garanti la mobilisation de financements auprès de partenaires et de banques nationales pour soutenir la filière.
