Réformes administratives : le problème n’est pas le système, mais l’autorité

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J’ai écouté avec attention le ministre Abdourahmane Diouf. Sa franchise mérite d’être saluée. Mais elle vient surtout confirmer ce que je dis depuis longtemps : le problème du Sénégal n’est pas le système, mais ceux qui l’animent.

Après 21 mois, entendre qu’on n’arrive toujours pas à faire circuler un décret, à consommer un budget, à raccourcir des procédures ou à faire sortir des lois importantes de leur attente de décrets d’application est inquiétant. Dire qu’un décret peut rester un an dans le circuit n’est pas une excuse : c’est l’aveu du problème.

Nous connaissons tous cette vieille formule : « c’est dans le circuit » ou « c’est la Présidence ». Déjà, le président Abdoulaye Wade dénonçait cette manière de diluer les responsabilités. Quand il s’agit d’intérêts politiques, les procédures disparaissent : lois votées en urgence, décrets pris et parfois publiés sans délai, parce que l’autorité l’a voulu. La preuve que le pouvoir est vertical quand il le décide.

Dès lors, ce n’est pas un problème de système. Lorsqu’un Président ou un Premier ministre accepte qu’un ministre du Budget ou un administrateur de crédits bloque ou retarde un dossier à sa convenance, c’est un problème d’autorité et de discipline, pas de textes.

Le système n’est qu’un ensemble de lois et d’institutions. Ces textes nous ont formés, ont permis ce qui existe et peuvent encore porter le développement s’ils sont adaptés. La vraie panne vient des animateurs qui laissent dormir les dossiers, sans délais, sans suivi, sans sanctions. Il suffit pourtant de fixer des délais maximums, d’assurer le suivi-évaluation et d’engager la responsabilité individuelle.

Pourquoi les fonds politiques, les salaires ou le budget de la Présidence ne connaissent-ils jamais de retards ? Parce qu’il y a volonté et priorité. Voilà la vérité.

Je salue la sincérité du ministre lorsqu’il reconnaît qu’en 21 mois, il s’est surtout agi d’assurer la continuité de l’État, comme cela s’est toujours fait d’un régime à l’autre. Mais il faut dire la vérité au peuple.

J’en appelle donc au président Bassirou Diomaye Faye : envoyez, si ce n’est déjà fait, l’Inspection générale d’État pour auditer ces 21 mois, examiner les procédures et publier les rapports. La transparence est le meilleur bilan possible.

Comme l’a rappelé le Premier ministre Ousmane Sonko :
« Heuye kou fi deupp caisse, kasso nga dieum. »

Envoyez les corps de contrôle. Publiez les rapports.
C’est cela, la vérité. C’est cela, la posture républicaine

Ministre Thierno lo

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