Dette, souveraineté et responsabilité : refuser l’étouffement, choisir la négociation
La position exprimée par le Premier ministre Ousmane Sonko, partagée avec le Président de la République Bassirou Diomaye Faye et le ministre des Finances Cheikh Diba, consistant à refuser une restructuration de la dette qui tuerait nos investissements, nos subventions et nos priorités stratégiques, est une position souveraine et responsable.
Les économistes comme Barry Eichengreen l’ont démontré : une restructuration mal conçue détruit la confiance, fait fuir l’investissement privé, fragilise les banques et renchérit durablement le coût du financement. Autrement dit, elle peut ruiner l’économie réelle avant même d’alléger la dette.
Mais refuser une restructuration punitive ne signifie ni rompre avec le FMI, ni s’isoler du système financier international. Le Sénégal a besoin de financement extérieur, de crédibilité et de temps. Le FMI reste une caution, non un maître.
C’est pourquoi nous devons continuer à discuter, avec rigueur et intelligence, en mettant clairement nos lignes rouges :
• privilégier le rééchelonnement plutôt que l’austérité brutale,
• rechercher l’allègement du coût de la dette,
• protéger et financer les investissements productifs qui seuls permettent de rembourser durablement,
• refuser les solutions dangereuses : marchés parallèles, cession précipitée de ressources minières, endettement opaque.
La souveraineté ne consiste pas à défier le monde, mais à négocier sans se soumettre.
Enfin, la vérité doit être dite au peuple : le chemin sera difficile, les sacrifices seront réels et certaines mesures impopulaires. C’est pourquoi l’unité nationale et la réconciliation sont des conditions de survie. On ne traverse pas une telle épreuve dans la division.
Refuser l’étouffement, négocier sans naïveté, protéger l’avenir : telle doit être la ligne du Sénégal aujourd’hui.
Thierno Lo
