SOFTCARE : UN MINISTRE N’EST PAS UNE AUTORITÉ DE RÉGULATION
Dans l’affaire Softcare, le ministre de la Santé, Dr Ibrahima Sy, a choisi de prendre publiquement la défense de cette entreprise en affirmant qu’il n’existerait aucun risque sanitaire.
Mais dans un État de droit, un ministre n’est pas un laboratoire, encore moins une autorité de régulation.
Le Sénégal dispose d’une institution compétente et habilitée : l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP).
C’est à cette structure technique, indépendante et spécialisée, qu’il revient d’évaluer les risques sanitaires, d’inspecter les usines et de prendre les décisions nécessaires.
Dans les grandes démocraties, lorsqu’un ministre intervient publiquement pour innocenter une entreprise impliquée dans une controverse sanitaire, cela soulève immédiatement une question grave :
celle de l’ingérence politique dans un processus technique et réglementaire.
Le rôle d’un ministre est de garantir la transparence des procédures et le respect des institutions, pas de se substituer aux organes de contrôle.
La santé publique est un sujet trop sérieux pour être confondu avec la communication politique ou les rapports de force économiques.
Le Sénégal doit rester fidèle à un principe simple :
les institutions doivent fonctionner sans pression politique.
Thierno Lo
Un Républicain Libre
