Froid diplomatique : Madrid et Tel Aviv rétrogradent leurs relations au rang de simples chargés d’affaires
L’Espagne a définitivement tourné la page de la représentation diplomatique de haut niveau en Israël. En officialisant mercredi la révocation de l’ambassadrice Ana Salomon, Madrid confirme une rupture de fait dans le dialogue bilatéral avec le gouvernement de Benyamin Netanyahou.
Si Ana Salomon avait déjà quitté Tel Aviv en septembre après une levée de boucliers de l’Espagne contre les critiques israéliennes, cette publication au bulletin officiel marque un point de non-retour symbolique. Le gouvernement espagnol avait jugé « calomnieuses » les accusations israéliennes et particulièrement mal venu le traitement réservé à ses ministres, Yolanda Díaz et Sira Rego, après que Pedro Sánchez eut haussé le ton pour dénoncer les opérations militaires à Gaza.
Désormais, l’ambassade espagnole est orpheline de son chef. Seul un chargé d’affaires maintiendra une présence minimale, en attendant qu’un nouveau profil soit proposé et validé par Israël — un processus qui s’annonce délicat vu l’état actuel des relations.
Cette rétrogradation diplomatique est en réalité mutuelle. Israël n’a plus d’ambassadeur à Madrid depuis que l’Espagne a reconnu l’État de Palestine, provoquant le départ de l’envoyé israélien en 2024. Les deux capitales communiquent donc désormais par « chargés d’affaires interposés », un signe évident de la glaciation des relations entre les deux pays.
