L’OFNAC publie la liste des déclarants et des défaillants à la déclaration de patrimoine

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L’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC) a rendu publique ce mardi 11 août 2026 la liste provisoire des personnes assujetties ayant effectué leur déclaration de patrimoine, ainsi que celle des défaillants n’ayant pas satisfait à cette obligation légale. Cette publication intervient après la date butoir du 31 juillet 2026 fixée pour le dépôt des déclarations.

Une opération de transparence sans précédent

L’OFNAC a dévoilé des listes couvrant plusieurs institutions et ministères, notamment la Présidence de la République, l’Assemblée nationale, la Primature, le ministère des Forces armées, le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, ainsi que le secteur de la Justice. À travers cette publication, l’institution réaffirme son rôle dans le suivi de l’obligation de déclaration de patrimoine, considérée comme un instrument de prévention de l’enrichissement illicite et de renforcement de la transparence dans la gestion publique.

Les déclarants : une mobilisation contrastée

À l’Assemblée nationale, dix personnalités du Bureau figurent parmi les assujettis ayant déposé leur dossier. Le président de l’institution, Ousmane Sonko, ouvre la liste, suivi des huit vice-présidents du Bureau : Malick Ndiaye, Rokhy Ndiaye, Ismaël Diallo, Mbéne Faye, Samba Dang, Oulimata Sidibé et Mohamed Sall. S’y ajoutent Mohamed Ayib Salim Daffé, président du groupe parlementaire Pastef, et Aïssata Tall Sall, présidente du groupe Takku Wallu Sénégal.

À la Présidence de la République, la liste des assujettis ayant satisfait à leur obligation est plus longue. On y trouve notamment Oumar Samba Ba, secrétaire général de la Présidence, Mary Teuw Niane, directeur de Cabinet du chef de l’État, Aminata Touré, Haut représentant du président, ainsi que plusieurs secrétaires généraux adjoints et conseillers.

Au ministère des Forces armées, plus de 150 assujettis figurent sur la liste des personnes ayant satisfait à leur obligation. Dans le secteur de la Justice, près de 120 magistrats, directeurs d’administration et greffiers sont recensés parmi les déclarants.

Les défaillants : des chiffres significatifs

La publication met également en lumière un nombre important de personnes en situation de non-conformité.

À la Présidence de la République, l’OFNAC a recensé 17 personnalités défaillantes. Parmi elles figurent :

  • Fatou Isidora Mara, représentante personnelle du chef de l’État auprès de l’Organisation internationale de la Francophonie
  • Abdoulaye Bathily, Envoyé spécial du président de la République
  • Mamadou Ndiaye, chef du Protocole présidentiel
  • Ahmed Bachir Sow, directeur administratif et financier de la CDP
  • El Hadji Abdoulaye Mbengue, responsable administratif et financier du CN-ITIE
  • Mame Diarra Lo, directrice des Services d’Appui et des Finances à l’ARTP
  • Moustapha Cissé, directeur général adjoint de l’APIX-SA
  • Oulimata Ndiaye, directeur administratif et financier de l’APIX-SA
  • Babacar Samb, directeur en charge des opérations financières du FONSIS
  • Bakary Dansokho, directeur de l’administration et des finances de la SOGEPA

À l’Assemblée nationale, deux noms figurent sur la liste des défaillants : Racky Diallo, huitième vice-présidente de l’institution, et Cheikh Thioro Mbacké, ancien troisième vice-président, dont l’OFNAC précise qu’il n’est certes plus assujetti mais qu’il n’a jamais déposé de déclaration de patrimoine durant son mandat.

À la Primature, 11 personnalités sont recensées comme défaillantes, parmi lesquelles Hatab Sané, secrétaire exécutif de l’Agence nationale pour la relance des activités économiques et sociales en Casamance (ANRAC), et Amadou Cissé, président du Conseil d’orientation du BOCS.

Au ministère des Finances et du Budget, la situation est particulièrement préoccupante avec 247 personnes n’ayant pas déclaré leur patrimoine, ce qui en fait le ministère comptant le plus grand nombre d’assujettis défaillants. Le ministère des Forces armées compte près de 145 défaillants, tandis que le secteur de la Justice en recense plus de 50.

Des sanctions prévues par la loi

La non-déclaration de patrimoine expose les contrevenants à des sanctions prévues par la loi, pouvant aller jusqu’à des peines d’emprisonnement de six mois à quatre ans. Des mesures comme la retenue du quart du salaire ou l’interdiction d’exercer une fonction publique sont également envisagées. Les listes publiées doivent désormais permettre aux autorités compétentes d’assurer le suivi des assujettis et, le cas échéant, d’engager les procédures prévues par les textes.

Une obligation légale pour renforcer la transparence

Le Sénégal a adopté le 2 avril 2014 la loi n°2014-17 relative à la déclaration de patrimoine, mécanisme visant à prévenir tout risque d’enrichissement illicite des titulaires de hautes fonctions. La nouvelle loi n° 2025-13 du 3 septembre 2025 encadre désormais ce dispositif. L’OFNAC souligne que cette obligation contribue à prévenir les conflits d’intérêts, à renforcer l’éthique et la probité dans la gestion publique, et à protéger les personnes assujetties contre d’éventuelles accusations injustifiées.

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