Clôture des États Généraux de l’Industrie Un livre blanc pour relancer l’industrie nationale…

Miser sur la qualité des ressources humaines, à l’image du Japon, alléger les lourdes contraintes fiscales, inciter les mairies à participer à l’actionnariat pour implanter des unités économiques, impliquer davantage le secteur privé, et rédiger un livre blanc — sorte de guide de référence. Telles sont les grandes lignes à retenir des 48 heures consacrées aux États Généraux de l’Industrie, présidées par Serigne Gueye Diop, ministre du Commerce, de l’Industrie et des PME.
Bien que l’industrie de la cimenterie, à travers Dangote, ait annoncé avoir recruté 80 jeunes diplômés, des difficultés subsistent, notamment le recours à la main-d’œuvre étrangère, qui coûte plus cher que la main-d’œuvre locale. Ousmane Mbaye a souligné que, bien que le ciment sénégalais soit cher, il reste moins coûteux que dans certains pays voisins.
L’industrialisation nécessitant des espaces adaptés, Serigne Gueye Diop a demandé aux collectivités locales de libérer des terrains pour créer des zones économiques. Cela permettrait aux régions de l’intérieur de bénéficier des retombées économiques. L’administration locale serait ainsi responsable d’aménager ces espaces.
Un toilettage administratif s’impose, avec la révision de certaines lois, décrets et arrêtés. Pour Malick Ndiaye, ministre des Transports terrestres et aériens, il faut repenser le modèle économique et créer des passerelles entre l’enseignement secondaire et supérieur pour fournir une éducation adaptée aux besoins de l’industrie.
Il a également évoqué la relance du train reliant Tambacounda à Kidira et Niamey via des corridors. Les phosphates de Matam doivent être transformés avant exportation, comme au Maroc. Avec la saturation du port de Dakar, le port de Ndayane devra prendre le relais pour maintenir la compétitivité face à Lomé et Abidjan. Un système multimodal mieux pensé, combinant train, bateau et véhicule, sera nécessaire pour renforcer l’interconnectivité, un projet qui devrait coûter plus de 700 milliards FCFA.
Dans le domaine du gaz et du pétrole, l’espoir repose sur le gaz de Yakaar Teranga. Entre 2028 et 2029, le Sénégal devrait être autosuffisant en gaz. En outre, les phosphates pourraient être transformés en hydrogène vert, ce qui ouvrirait de nouvelles opportunités sur le marché mondial. Le dessalement de l’eau et l’énergie solaire, abondante au Sénégal, représentent aussi des atouts considérables.
Enfin, Thierno Amadou Kane, directeur général de la Senelec, a souligné l’importance des discussions sur l’électricité, dont l’usage domestique et industriel impacte l’ensemble de l’économie. Avec Yakaar Teranga, une baisse significative des coûts de l’électricité est attendue.
Ibrahima Diop
