Quand l’État parle, les hommes s’effacent
Cette image dit plus que mille discours. Elle montre un moment rare, presque pédagogique : celui où le Premier ministre accompagne, dans l’ordre républicain, le Président de la République. Non pas comme chef d’un mouvement, non pas comme leader d’une association, mais comme serviteur d’un État qui le dépasse.
Ici, il n’y a ni confusion, ni amalgame possible. Il y a l’État. Il y a la République. Et il y a ses règles.
Ce que cette scène rappelle avec force, c’est que les fonctions ne se confondent pas avec les engagements partisans. Le Premier ministre, quelle que soit son histoire politique ou militante, n’est plus seulement le président d’un mouvement : il est dépositaire d’une charge définie par la Constitution, encadrée par le serment, et soumise à une exigence de loyauté envers les institutions.
Cette distinction est essentielle. Lorsqu’elle est respectée, l’État tient. Lorsqu’elle est brouillée, tout vacille.
Notre Armée, dans sa rigueur, son sens du devoir et son attachement aux symboles, nous le rappelle silencieusement mais fermement : il existe un ordre républicain qui ne souffre ni approximation ni improvisation. Si cette exigence irriguait toutes les sphères de l’action publique, alors oui, la destination Sénégal serait mieux vendue, mieux comprise, mieux respectée.
Nous aurions une justice véritablement juste. Nous aurions un engagement collectif à la hauteur des défis. Nous aurions un pays qui fonctionne, parce que chacun saurait où commence et où s’arrête son rôle.
Mais lorsque les règles sont bafouées, lorsque les repères se diluent, c’est l’ensemble de l’édifice qui s’effrite.
En ce jour de fête, souvenons-nous : la République n’est pas une option. Elle est une discipline. Elle est un serment. Elle est un socle : la Constitution.
Et c’est sur ce socle, et sur lui seul, que doit se construire notre avenir.
Thierno Lo
Un Républicain libre, citoyen du monde
