« Il est temps de parler économie », Thierno LO apprécie le discours de Sonko à Bambali et prolonge la réflexion

0
FB_IMG_1789900518272

IL EST TEMPS DE PARLER ÉCONOMIE

Le discours de l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko lors de la pose de la première pierre du complexe de Sadio Mané pose de belles problématiques.

J’ai particulièrement apprécié la hauteur républicaine de cette cérémonie : saluer Sadio Mané comme citoyen engagé, mais également rendre hommage au ministre Serigne Guèye Diop et aux autorités administratives présentes.

Ce jour-là, la République était au-dessus de nos contingences.
Et le geste de Sadio Mané méritait cette hauteur.

Sonko a parlé de transformation de nos produits, d’investissement dans nos territoires et appelé ceux qui en ont les moyens à s’inspirer de cet exemple.

Je voudrais prolonger cette réflexion.

L’État doit être imaginatif, audacieux et pragmatique.

Prenons le logement.

Pourquoi le président Diomaye ne réunirait-il pas les propriétaires disposant de foncier et les promoteurs capables de construire, afin de les encourager à produire des logements accessibles : studios, appartements et moyens standings, dans les villes comme dans les territoires ?

Des exonérations ciblées pourraient réduire les coûts de construction. La SNHLM et la SICAP pourraient être mobilisées pour acquérir une partie de ces logements et les proposer à des loyers modérés, conformément à leur vocation sociale.

Il ne s’agit pas seulement de construire. Il s’agit de rendre possible le droit à un toit.

Cela créerait de l’emploi, stimulerait le BTP, mobiliserait l’épargne et permettrait de lutter concrètement contre la cherté des loyers.

Mais il faut surtout produire ce que nous consommons.

Que font nos ministères du Commerce et de l’Agriculture face aux centaines de camions frigorifiques qui arrivent aux premières heures du matin sur nos marchés, notamment à Castors, à Touba et ailleurs ?

Pendant que des produits agricoles et halieutiques arrivent par la route depuis le Maroc et d’autres pays, beaucoup de nos jeunes rêvent d’aller en Espagne, en Italie ou au Maroc pour travailler dans les fermes et faire de la cueillette.

Avons-nous vraiment accepté cette contradiction ?

Nous avons des terres cultivables.
Nous avons de l’eau dans plusieurs zones.
Nous avons une jeunesse disponible.
Nous avons des compétences.
Nous avons des fonctionnaires, des ministres et d’anciens responsables qui disposent parfois de terres ou de fermes.

Pourquoi ne pas les associer à une véritable politique nationale de production ?

Pourquoi ne pas mobiliser, dans un cadre strictement encadré et rémunéré, certaines capacités disponibles dans les casernes ou dans les établissements pénitentiaires, notamment pour des activités agricoles participant à la formation et à la réinsertion ?

Le renseignement doit aussi être économique.

Je me pose une question simple :

Ces camions frigorifiques qui arrivent à cinq heures du matin sur nos marchés font-ils l’objet d’une analyse économique par nos services ?

Le renseignement ne concerne pas uniquement les questions politiques ou sécuritaires.

Il doit aussi nous dire :

  • ce que nous importons ;
  • d’où cela vient ;
  • à quel prix ;
  • pourquoi nous ne le produisons pas ;
  • qui pourrait le produire ;
  • et quelles mesures permettraient de remplacer progressivement ces importations par une production nationale.

J’avais déjà appelé à explorer cette réalité et à prendre des mesures.

Sonko a parlé d’économie. À nous de parler de production.

Le Président du parti Pasteef, a ouvert une porte importante avec son discours sur la transformation et l’investissement dans les territoires.

Il reste maintenant à transformer l’énergie extraordinaire de cette jeunesse qui l’accompagne, qui reprend ses mots d’ordre et qui veut participer au changement, en énergie de production.

Qu’elle cultive nos terres.
Qu’elle transforme nos produits.
Qu’elle crée des entreprises.
Qu’elle construise.
Qu’elle innove.

L’autosuffisance alimentaire n’est pas seulement une politique agricole. C’est une question de souveraineté et de dignité nationale.

Il faut aussi restaurer la confiance.

Beaucoup de nos compatriotes épargnent à domicile parce qu’ils ne savent plus où investir ou parce qu’ils ont perdu confiance. L’État doit les rassurer, les accompagner et orienter cette épargne vers des investissements productifs.

Nous sommes dans un nouveau monde.

Il est temps de parler économie.
Il est temps de parler production.
Il est temps de parler transformation.
Il est temps de parler anticipation.

Et surtout, il est temps d’arrêter de gaspiller notre énergie dans les querelles.

Nous pouvons ne pas être d’accord.
Mais nous devons nous respecter.
Et surtout, nous devons travailler.

Car la République nous demande aujourd’hui moins de discours et davantage de résultats.

Thierno lo
Le Républicain Libre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.Les champs obligatoires sont indiqués avec *